Vieux Sakho, gestionnaire de cimetière raconte : “le jour où l’eau coulait d’une tombe”

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Le cimetière, dans l’imaginaire collectif, c’est l’éclipse d’une vie. Pourtant, d’autres existences s’y construisent. C’est celles de fossoyeur, gestionnaire, laveur de mort, gardien qui s’y fabriquent des destins avec chacun une trajectoire qui lui est propre. Les uns y trouvent leur compte et s’en accommodent, alors que les autres s’en prennent à la destinée ; tous cheminant avec les morts au gré des circonstances.

L’atmosphère est lugubre, le silence profond. Seuls les gazouillis des oiseaux et quelques feuilles d’arbres murmurant dans un vent modéré départissent les lieux de leur calme. On est au cimetière musulman de Yoff, en cette matinée ensoleillée. Ici, reposent des morts et se démènent des individus en quête de mieux-être. Pendant que des personnes assises sur un banc de fortune papotent en marquant de la révérence à la « nécropole », d’autres cèdent au sommeil. A côté d’eux, des pelles sont superposées. Elles appartiennent aux fossoyeurs. « Ils sont au nombre de 14. C’est eux qui creusent les tombes », explique Ibrahima Diassy, gestionnaire du cimetière musulman de Yoff. Trouvé dans son bureau, situé à gauche de la porte principale, il exerce ce travail depuis 1995. Agent municipal, il a servi au cimetière de Bel-Air jusqu’en 2003, avant d’être affecté à Yoff. Dans son bureau, il faut faire avec les va-et-vient incessants des fossoyeurs. En effet, avant d’accéder au cimetière, explique-t-il, il y a le permis d’inhumer qui est déposé à son bureau, avant qu’il ne donne l’ordre aux fossoyeurs de faire leur travail. « C’est à l’état civil qu’il est délivré après présentation de la pièce d’identité du mort, de celle d’un proche et du certificat de genre de mort délivré par un médecin », confie ce croque-mort version tropicale.

Au cimetière de Pikine, le décor est tout autre. En cet après-midi de samedi, point de rush. C’est dans une chambre presque à l’abandon que nous trouvons le gestionnaire. Ce qui frappe le premier regard en voyant le vieux Sakho, c’est son âge très avancé. Agent municipal, il a été affecté ici, il y a six ans. « Nous ne sommes que deux ici. L’autre est fossoyeur, quand il n’est pas là, c’est moi qui le remplace», assure-t-il, malgré le poids de l’âge.

Le jour où l’eau coulait de la tombe

Payés par la municipalité, les gestionnaires de cimetière ont des salaires allant de 30.000 à 80.000 FCfa. Mais beaucoup d’entre eux ne semblent pas se plaire dans ce métier. Choisi sur le tard pour remplacer l’ancien gestionnaire, le vieux Sakho a subi la pression des amis avant d’accepter ce travail de croque-mort. Si, aujourd’hui, il se sent à l’aise, ce n’était pas le cas à ses débuts. « Il m’arrivait de rester des mois sans aller du côté des tombes. J’avais vraiment peur. J’ai compris par la suite que c’est mon destin et que je devais m’y faire », raconte-t-il, l’air désappointé.

Même s’il n’entre pas dans les détails, le vieux Sakho dit avoir vu des choses qui auraient pu lui faire perdre la raison. Par exemple, dit-il, après enterrement, « j’ai vu de l’eau couler d’une tombe. C’est pourquoi il m’arrive de ne pas dormir la nuit et de perdre l’appétit».

Aujourd’hui qu’il a envie de quitter le poste, le vieil homme n’y arrive toujours pas parce que les responsables ne lui ont pas encore trouvé un remplaçant. En plus d’un salaire de misère, le gestionnaire du cimetière dit avoir fait face à la pression familiale pendant longtemps. Car, dit-il, au début, ses enfants avaient catégoriquement refusé qu’il exerce un tel travail. « Mais, ils ont fini par comprendre que c’était une profession comme une autre et que c’est bien mieux que de quémander », souligne-t-il, de sa voix faible.

A Yarakh, le vieux Talla Mbaye, jadis recruté en tant que laveur de mort, a maintenant la responsabilité du cimetière musulman. Malgré son âge très avancé, son physique peu généreux, il est en même temps fossoyeur. Trouvé dans un fauteuil à l’entrée du cimetière, le bonhomme impressionne par sa maîtrise des emplacements. C’est avec aisance qu’il guide les visiteurs qui ne retrouvent pas leurs morts. « A quelques exceptions près, je peux vous dire où se trouve chacun ici », assure-t-il avec fierté. Mais comme ses compères, le vieux Mbaye a accepté ce métier malgré lui. « Je travaillais à la mairie et un beau jour on m’a demandé de venir gérer le cimetière. Au début, j’étais réticent, mais puisqu’ils voulaient quelqu’un de disponible et qui habite le quartier, ils ont fini par me faire céder », se souvient-il. Ce métier a fini par changer sa conception de la vie. « En creusant, il t’arrive de rencontrer des os humains, une bonne partie de squelette…Au début, ça faisait peur, mais on finit par s’y habituer et comprendre que cette existence terrestre est si insignifiante par rapport à l’importance que nous lui accordons », philosophe-t-il.

10 enterrements par jour

Ils passent presque inaperçus. Pourtant, on ne peut se passer des services des fossoyeurs au cimetière. De Pikine à Yoff en passant par Yarakh, la pelle ne les quitte jamais. C’est avec cet outil qu’ils creusent les tombes à dimensions variables. « Souvent, ce sont ceux qui amènent le corps qui nous donnent des indications sur le physique, sinon il y a des dimensions standard », explique Mamour Faye, fossoyeur à Yoff.

Si à Pikine et Yarakh, le gestionnaire joue également le rôle de fossoyeur, à Yoff, ils sont 14. « Nous demandons 3000 FCfa pour chaque tombe. Toutefois, après l’enterrement, nous demandons une contribution pour les fossoyeurs. A la fin de la journée, nous nous partageons cette somme », indique Mamour. Selon lui, chacun peut se retrouver avec 4000 FCfa.

A en croire Ibrahima Diassy, gestionnaire du cimetière, il y a, en moyenne, 10 enterrements par jour. Cependant, ce qui est le plus impressionnant, c’est que malgré le rythme infernal des enterrements, le gestionnaire et les fossoyeurs arrivent à repérer toutes les tombes. Trouvée dans le bureau du gestionnaire, cette dame a l’air désemparée. Elle ne retrouve pas la tombe de sa sœur enterrée il y a quelques mois. Mais, son problème est vite résolu. « Dans le registre, il y a la section, la série et le numéro de la tombe. Avec ces trois rubriques, même le fossoyeur peut vous aider à retrouver la sépulture», dit le gestionnaire qui tend un bout de papier à la dame. Elle reviendra quelques minutes plus tard soulagée.

Ami du gratin

Le cimetière accueille des personnes de toutes les conditions sociales. Au-delà des enterrements, les proches viennent très souvent se recueillir sur la tombe de leurs morts. Sur place, le gestionnaire sert très souvent de guide. De là, naissent parfois des relations fortes. « Ce travail m’a permis de connaître beaucoup de personnalités importantes. De l’extérieur, on peut penser que le travail est dévalorisant, mais Dieu sait que beaucoup de personnes viennent me solliciter et j’arrive à les aider », confie-t-il. Selon lui, cela est dû à ses relations avec les personnes nanties. « Certains m’appellent pour me faire des cadeaux, d’autres viennent jusqu’ici pour me donner de fortes sommes d’argent. Même quand ma voiture est en panne, dès que je me pointe sur la route, des gens s’arrêtent devant moi pour me déposer jusqu’à chez moi », se réjouit-il.

Aujourd’hui, ses enfants, qui n’appréciaient pas le fait qu’il exerce ce métier, ont fini par l’adopter et comprendre qu’il ne s’agit pas d’un travail misérable. « Parmi mes enfants, il y a un enseignant, un technicien de bâtiment et un économiste. Je ne me plains donc pas. C’est mon destin et ils l’ont compris », soutient-il, non sans faire de son occupation un sacerdoce dont il s’acquitte avec fierté et responsabilité.

De père en fils…

Une histoire de legs. Une transmission de père en fils. Le métier de fossoyeur ne rebute pas tout le monde. A Pikine, par exemple, Mamadou Niasse est le fossoyeur en chef. Il a remplacé son père qui a occupé ce poste pendant plus de 20 ans. Marqué par le poids de l’âge, ce dernier avait demandé à son fils de prendre le relais, témoigne le vieux Sakho. Aujourd’hui, Mamadou dit gagner correctement sa vie avec ce travail. « Rien de lui ne montre qu’il travaille dans les cimetières. Il ne se plaint pas et en dehors du travail, il s’habille très correctement», renseigne son père et « ami ».

A Yoff, Mamour Faye est l’un des doyens des fossoyeurs. Arrivé à ce métier en 1986, Mamour n’a pratiquement connu que cet univers professionnel. Le sexagénaire n’a pas de jour de repos. « C’est mon destin. C’est avec ce métier que mon père a entretenu sa famille. Quand il a commencé à prendre de l’âge, j’ai pris le relais et c’est grâce à ça que j’entretiens ma famille également », se souvient-il. Cependant, ce legs, il ne faut pas compter sur Mamour pour le pérenniser. « Je ne souhaiterais pas que mes enfants fassent ce travail. On n’a pas de vie. On travaille sept jours sur sept. C’est très difficile», reconnait-il, conscient du dur labeur auquel il ne voudrait pas condamner sa descendance.

INSALUBRITÉ, MORGUES HORS D’USAGE : Les morts « se bouchent les nez »

Des eaux usées qui coulent devant les toilettes, allant parfois jusqu’à submerger certaines tombes. C’est le décor triste que donne à voir le cimetière de Pikine. Et selon le gestionnaire, cela dure depuis plusieurs mois maintenant, malgré les multiples appels désespérés à l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas). Pour aller aux toilettes, il faut parfois piétiner certaines tombes au risque de patauger dans ces eaux noirâtres et d’une odeur fétide.

A Yarakh, le décor est presque le même. La porte de la morgue est inaccessible, à cause des tas d’ordures jetés sur place. A en croire le vieux Mbaye, depuis très longtemps, la morgue n’est plus utilisée et l’eau ne coule plus des robinets…Pire, même s’ils creusent et enterrent, les fossoyeurs ne disposent pas de produits désinfectants. « De plus en plus, les gens préfèrent faire la toilette mortuaire chez eux, dans les mosquées. Dans les morgues des cimetières, généralement, on ne fait que la toilette des enfants décédés. Et même ça, c’est devenu rare. Nous avons un sérieux problème de salubrité. Même les toilettes ne sont plus fonctionnelles », déplore-t-il.

Pour le vieux Sakho de Pikine, les cimetières méritent plus de considération. Aujourd’hui, en plus d’un éclairage défectueux, le cimetière n’a pas de gardien. «Quand il y a eu les cas de tombes profanées, on m’avait envoyé un policier. Toutefois, il est reparti quelques mois plus tard. Seul, je ne peux pas m’aventurer à veiller à la sécurité des lieux et des morts, alors qu’il n’y a même pas de lumière», peste-t-il. En ces temps incertains, la sérénité des cimetières, dans un grand délaissement, est troublée.

MAMOUR FAYE, FOSSOYEUR : Une carrière « funèbre »

Regard furtif, presque sombre, visage ridé, des yeux cramoisis de fatigue et de sommeil…Mamour Faye mène une existence laborieuse au cimetière de Yoff. La sienne, il l’a consacrée à creuser des tombes. Son bonnet bien vissé cache une chevelure rebelle, témoin des âges murs. « Je suis dans le métier depuis 1986 », confie-t-il. Aujourd’hui âgé de plus de 60 ans, Mamour est au cimetière du lundi au dimanche. Même s’il ne s’imaginait pas faire « carrière » dans ce métier, il dit avoir très tôt commencé à s’y familiariser. En effet, se souvient-il, «quand on était jeune, on a vu notre père l’exercer. C’est avec ce qu’il gagnait qu’il nous a entretenus ». Un travail épuisant qu’on ne peut pas faire à un certain âge. Et l’ayant bien compris, le fossoyeur a très vite pris le relais de papa quand ce dernier a commencé à subir les ravages du temps. « C’est un métier qui nécessite beaucoup de sérénité, de courage, de foi mais aussi de force. C’est très difficile », admet-il.

Sans salaire fixe, encore moins de prise en charge médicale, Mamour et ses collègues ne cessent de solliciter le soutien des autorités. En bon croyant, il renvoie tout à la volonté divine. « On n’échappe pas à son destin. C’est un travail difficile et plein de risques. Il nous arrive de marcher sur des fers rouillés, de tomber sur des corps assez étranges, mais on fait avec. Il n’y a même pas de boite à pharmacie », confie-t-il.

Mamour ne veut pas que ses enfants croupissent, dans l’avenir, dans son calvaire quotidien. Alors, il se bat pour leur désherber une allée moins cahoteuse en les inscrivant à l’école ou en les orientant vers certaines professions. Le cheminement avec les morts n’est pas un long fleuve tranquille.

CIMETIÈRE SAINT LAZARE

Le caveau et la « rente » des fossoyeurs

Au cimetière catholique Saint Lazare de Dakar, l’organisation des inhumations est bien huilée grâce à un comité de gestion. Les fossoyeurs ne s’en tirent pas trop mal.

En cette matinée de mardi, le cimetière chrétien Saint Lazare est calme. Seuls les vrombissements des moteurs de véhicules empruntant la Vdn le sort de sa parfaite quiétude. Dans cet endroit bien entretenu, les visiteurs se font rares. Seuls les responsables, trouvés dans un bâtiment à droite de l’entrée principale, donnent de la vie au lieu. Ici, la gestion est collégiale. En plus d’un gestionnaire affecté par la mairie de la capitale sénégalaise, l’archidiocèse de Dakar a mis en place un comité de gestion des cimetières chrétiens avec un mandat de trois ans renouvelable. Il gère tous les cimetières de Dakar. Selon Pascal Ndione, un des membres du comité, c’est l’Église qui est le responsable des cimetières chrétiens. « C’est elle qui a mis en place le comité », explique-t-il.

Pour un enterrement, il y a plusieurs choix. Pour une tombe à une place, par exemple, s’il faut payer 80.000 FCfa, « les 60.000 vont aux fossoyeurs. C’est avec cette somme qu’ils achètent le matériau pour la construction de la tombe. Le reste, c’est la main-d’œuvre, ils se la partagent », précise-t-il. Les 20.000 FCfa restants vont au comité. C’est avec cette somme qu’il assure l’entretien des cimetières. Mais, en plus de cela, il y a 14.000 FCfa qui sont payés à la perception municipale pour avoir la surface de deux mètres carrés sur un.

130.000 pour un « couple »

S’il est fréquent de voir un couple enterré dans un même endroit, c’est parce que la configuration des caveaux fait qu’il est possible de réserver une tombe pour les futurs morts. En effet, renseigne Alphonse Thiaw, autre membre du comité, les caveaux sont construits en profondeur. « Sur une même surface, on peut avoir plusieurs tombes. C’est comme des étages. Il peut arriver qu’un couple souhaite être enterré dans une même tombe. Dans ce cas, le caveau à deux places, on le fait à 130.000 FCfa ». Par le passé, il était possible de réserver une tombe et même d’aménager son caveau. Mais, face à l’épuisement de l’espace, le comité a interdit les réservations. « Il n’y a presque plus d’espace », alerte Alphonse Ndione.

Face à cette équation, l’Église avait demandé et obtenu de l’État d’un terrain de près de 10 hectares vers Mbeubeuss. Mais, selon les membres du comité, si les travaux n’ont pas encore démarré, c’est parce que des privés ont commencé à construire sur le site. Même s’il espère une issue heureuse, le comité reste vigilant face à l’urgence de la situation. « Il y a un autre site à Guédiawaye, mais nous ne sommes qu’à l’étape de la clôture », dit-il.

Carreaux ou marbres, les caveaux rivalisent de beauté. Mais, il arrive que des tombes soient faites de la manière la plus sobre possible. Selon Habib Sagna, gestionnaire du cimetière Saint Lazare, dans ce cas, on donne 5000 FCfa aux fossoyeurs. Selon lui, que ce soit les tombes en ciment ou en carreaux, rien n’est obligatoire. « Il n’y a que le linceul qui l’est. Il y a même des gens nantis qui demandent qu’on les enterre dans la plus grande sobriété. Tout le reste est hérité du « blanc » ». Avec une moyenne d’un enterrement par jour, le gestionnaire dit ne pas rencontrer beaucoup de difficultés dans le travail. En effet, contrairement aux musulmans, ici, les enterrements sont programmés. « Il y en a qui viennent faire les formalités et prévoir l’enterrement pour quinze jours plus tard », révèle-t-il.

MAMADOU NDIAYE, CONSTRUCTEUR DE CAVEAU

« Moi, le musulman… »

Entre Mamadou Ndiaye, constructeur de caveau, et le cimetière Saint Lazare, c’est toute une histoire.

Quand il venait aider son père dans les travaux champêtres sur le site même qui abrite, aujourd’hui, le cimetière Saint Lazare, le jeune Mamadou Ndiaye, « Boy Ndiaye » pour les intimes, n’imaginait pas un seul instant qu’il y ferait carrière. « Quand ils ont érigé le cimetière, j’ai continué à fréquenter les manguiers de mon père. De temps à autre, j’aidais l’ancien gestionnaire dans les petites corvées, mais c’était de manière bénévole », se souvient-il.

Le cimetière grandissant, son père est obligé de quitter les champs. Cependant, Boy Ndiaye, maçon de formation, continue de collaborer avec le gestionnaire du cimetière et le comité de gestion. Il est chargé de la construction des caveaux. « C’est toujours dans le domaine de la maçonnerie, mais c’est assez particulier », précise-t-il, heureux, toutefois, de sa relation avec la communauté chrétienne.

Un jeune musulman, qui gagne sa vie dans une nécropole chrétienne, le fait est assez inédit. Mais, pour le bonhomme de 36 berges, « c’est un travail comme un autre. C’est avec ça que je nourris ma famille ».

Il poursuit : « Quand j’ai informé mon père que j’avais été recruté pour travailler dans le cimetière chrétien, il m’a assuré que le plus important pour un homme, c’est de gagner sa vie à la sueur de son front ».

Même si son courage et sa foi transparaissent dans ses propos, Boy Ndiaye a vécu des choses qu’il n’est pas prêt à oublier. Elles auraient sans doute pu faire basculer sa vie. C’était aux lendemains du drame du bateau « Le Joola ». « J’ai vu le défilé des corbillards. Il y en avait des dizaines et des dizaines, tous chargés de cadavres. Je ne pouvais pas supporter. Je suis rentré chez moi, traumatisé, pendant des jours, par ce que j’avais vu. C’était un vrai cauchemar », se rappelle-t-il.

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