Union africaine: au-delà du sanitaire, les autres enjeux du sommet annuel

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Alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) entérinait mardi la décision de confier la présidence en exercice de l’Union africaine (UA) à Macky Sall pour la période 2022-2023, l’organisation continentale va organiser (6 et 7 février) un sommet annuel virtuel, pour éviter la propagation de la Covid-19. Il devra traiter de sujets souvent relégués au second plan par le virus. Lesoleil.sn vous en dévoile les contours.  

Pour les 55 pays membres de l’Union africaine, les questions sécuritaires tues depuis le début de la pandémie restent une préoccupation majeure. C’est le cas du conflit au Tigré qui secoue depuis trois mois l’Ethiopie, où se trouve le siège de l’UA, et le Sahel continue de s’enliser dans les crises.

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« Nous espérons que le sommet sera une opportunité pour les leaders africains de se reconcentrer sur un certain nombre de conflits et de crises qui ont été négligés, à cause de la priorité logique accordée au Covid l’année dernière », a déclaré à la presse internationale la chercheuse de l’International Crisis Group (ICG) Imogen Hooper.

D’autres crises internes demeurent nombreuses en Afrique. Le Conseil de Paix et de Sécurité n’a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ou l’essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

En Ethiopie, l’UA avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d’Addis Abeba et les autorités dissidentes de la région septentrionale du Tigré, peu après le déclenchement des combats début novembre. Mais le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a refusé toute médiation de l’UA dans une opération « de maintien de l’ordre » relevant de la souveraineté du pays.

De quoi illustrer la difficulté pour l’UA de peser sur le cours de certaines crises, reprend Mme Hooper, de l’ICG : « A chaque fois qu’un État membre a insisté sur le fait qu’un conflit est interne, l’UA a eu beaucoup de difficultés à s’impliquer ».

Elections internes

Mais le volet sécuritaire ne sera pas le seul inscrit dans l’agenda des deux jours de rencontres virtuelles. Les élections internes de l’UA en font partie.

M. Faki, ancien Premier ministre du Tchad, est seul candidat à sa succession à la tête de la Commission, l’organe exécutif de l’Union. Il devra toutefois réunir deux tiers des suffrages et surmonter les accusations, qu’il rejette, « d’une culture de harcèlement sexuel, de corruption et d’intimidation au sein de la commission », estime l’ICG dans une récente note de synthèse.

De son côté, le Nigérian Bankole Adeoye est perçu comme le favori pour prendre la tête d’une super commission regroupant Affaires politiques et département Paix et sécurité. M. Faki a récemment souligné les efforts de prévention des conflits pendant son premier mandat de quatre ans, se disant « heureux de constater qu’aujourd’hui, il n’y a pas de guerre entre États africains ».

Il est vrai que les principaux pays africains sont en guerre contre l’épidémie de Covid-19 dont la deuxième vague cause plus de victimes que la première dans le continent. Avec 3,5% des cas et 4% des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’UA (Africa CDC), les enjeux sanitaires restent importants pour les pays membres de l’Union africaine.

A raison de deux doses par personne, le continent aura besoin d’1,5 milliard de doses pour vacciner 60% de ses environ 1,3 milliard d’habitants et espérer une immunité collective. Et dans ce secteur, l’Afrique est désavantagée à cause de « l’accaparement des vaccins par les pays riches », dénoncé récemment par le président Sud-africain lors du sommet de Davos. 

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