Un pays qui ne possède d’une locomotive se paye un TER (Par Abdourahmane Diop)

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Les lampions de la fête réservée aux President Français Emmanuel Macron se sont éteints. Nous retiendrons de cette visite les démonstrations et les reportages consacrés au TER, le financement de l’éducation et l’acquisition de deux nouveaux Airbus pour la nouvelle compagnie Air Sénégal.

Ainsi va le Sénégal, le pays des paradoxes, qui n’arrive pas à payer des fonctionnaires, des éboueurs et autres corps de métier en grève, mais qui trouve des ressources insoupçonnées pour se payer des investissements hors de prix et non nécessaires.

Consacrons nous, une fois de plus, au TER avec ses 57 km de rail et ses 14 gares, pour un trajet estimé à 45 mn, soit une moyenne de 80 km/h…Vous avez dit Train Express…
Le Sénégal a préféré engloutir près de 1200 Milliards pour ce projet longeant de surcroît une autoroute, que même nos petits enfants n’auront pas fini de payer. C’est carrément un non sens.

Le pire, c’est qu’ au moment où vous lisez ces lignes, il n’y a qu’une seule locomotive qui existe au Sénégal, c’est celle du train bleu. Les autres locomotives appartiennent à GCO ( Grande Cote Operation) qui exploite le zircon à Diogo. En effet, depuis l’arrêt de l’exploitation de la ligne Dakar Bamako, avec le retrait de la concession à ADVENS, les Maliens ont “saisi” les deux autres locomotives existantes pour les besoins de l’exploitation de leur ligne intérieure Kayes – Bamako.

Le pire reste à venir. Des deux voies de chemins de fer qui reliaient Dakar à l’intérieur du pays, l’une des voies a été supprimée au profit du TER. Cela veut dire que le Train Bleu et le Train Minéralier se partagent une seule et même voie pour l’aller et le retour. Quand on sait que, même les pays développés avec des outils d’aiguillages les plus sophistiqués, n’échappent pas aux collisions de trains, alors ne soyons pas étonnés qu’une telle catastrophe se produise au Sénégal.

En définitive, voici un pays où il n’existe pratiquement plus de Reseau de chemin fer national, quand on connaît l’importance de ce moyen de circulation, en matière de transport de voyageurs, de marchandises et de lutte contre le désenclavement.
Ici, on a les yeux plus gros que le ventre. C’est l’histoire de la grenouille de la fable qui veut devenir bœuf : “La petite grenouille enfle, enfle pour devenir aussi grosse que le bœuf mais… , elle éclate ! “
Quand l’irresponsabilité et l’incurie se joignent à l’incompétence, le cocktail devient explosif. Que Dieu protège le Sénégal ! »

Abdourahmane Diop
Etudiant en Histoire

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