Serigne Abdou Aziz Sy est un thaumaturge, un homme de Dieu (Mémoires du Président Abdou Diouf)

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Serigne Abdou Aziz Sy est un saint homme, non seulement un thaumaturge mais un homme de Dieu. En 1980, une sécheresse implacable était entrain de s’installer au Sénégal. Jusqu’au 27 juillet, il n’y avait pas de pluie, je m’en suis alors ouvert à Serigne Abdou. Au demeurant, j’avais constaté qu’à chaque fois que j’étais confronté à des difficultés et que je lui en faisais part, je ne sais par quel miracle, ces difficultés s’estompaient.

Chaque fois que je lui disais avoir quelques soucis sur telle ou telle question », le lendemain, je commençais à trouver des solutions. C’est donc naturellement que je lui fis part de ma préoccupation face à cette sécheresse.

Il me dit : « Abdou, moi je ne sais rien faire, c’est Dieu seul qui décide de tout et moi je ne peux que demander (les faveurs divines) Senghor n’est pas là (Le Président était en voyage) mais si tu peux prendre la décision de fermer tous les lieux de plaisir (bars, dancings, cinéma etc.) , que tu me donnes la chaîne nationale de la radio, que je parle. » Alors on a fait ça. Le 27 juillet, il n’y avait pas un seul nuage ; alors pendant toute la journée, il a récité, à prié et lu le Coran et le soir, il y a eu une pluie diluvienne sur l’ensemble du Sénégal. Cela dépasse l’entendement mais c’est pour dire que vraiment, c’était un homme de Dieu. Quand j’allais le voir, je lui remettais toujours de l’argent, il mettait l’enveloppe sous son oreiller et la première personne qui venait, il la lui donnait. Il vivait ainsi.

Il lui arrivait de venir me voir de façon impromptue et tout à fait familière. Un jour, j’étais déjà Président de la République et nous étions à Popenguine. Mon aide camp vient me dire : « Monsieur le Président de la République, le Khalife Général des tidianes est là. » Je demande à Elisabeth qu’on s’habille rapidement pour aller le recevoir. Dès qu’il nous vit, il s’exclame « Alors Elisabeth, mon petit déjeuner tu l’as donné au Sérère et moi tu me prives de petit déjeuner. Elisabeth lui préparait des tartinettes et des brioches. A chaque fois c’était comme ça. Il disait à Elisabeth : Elisabeth, envoie moi mon petit déjeuner, c’est-à-dire les mêmes choses, les croissants les brioches, quelle que puisse être l’heure du jour, ça pouvait être même la nuit, alors Elisabeth le faisait régulièrement. Vraiment, il était un père pour moi et surtout un homme de Dieu. D’ailleurs, tout le monde se souvient de l’inauguration de la grande mosquée de Dakar quand il a eu à diriger la prière. Le roi Hassan II était admiratif tant sa lecture du Coran était belle et captivante.

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