Sénégal : Quand l’opinion se substitue à l’information (Par Aliou Bayla Kane)

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Beaucoup de nos médias ont perdu leur vocation depuis belle lurette.
Ils sont devenus des marchands et sont tombés dans ce qu’on pourrait appeler la marchandisation de l’opinion avec ses metteurs en scène ses acteurs et ses promoteurs.

Nos médias particulièrement certaines de nos télévisions ne nous informent et nous apprennent plus rien ni sur ce qui font nos liens ni sur nous mêmes et encore moins sur les dynamiques qui régissent la viabilité de notre système démocratique.

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Si l’information devient une manière de faire le relais des opinions des uns sur les autres elle se détourne de son objectif formatif et perd sa dimension pédagogique dans l’instruction à la citoyenneté participative.

Maintenant tout le monde est analyste chroniqueur expert et spécialiste de tout jusqu’à que personne ne sache qui est qui et qui fait quoi pour qui.

Aujourd’hui le champ médiatique est pollué par des insanités de tout genre parce que tout simplement beaucoup de médias classiques s’alignent dans la logique des réseaux sociaux avec l’esprit effréné de produire des scènes qui font du buzz pour capter l’audimat.

le format talk-show qui se généralise sur tous les sujets à tous les niveaux dans tous les lieux de l’espace public est très nocif et participe à la détérioration de nos capacités de concentration d’analyse et de délibérations sur des questions essentielles en nous réduisant dans des postures d’arbitrages avec des sondages en permanence.

Actuellement dans le contexte politique du Sénégal personne n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains médias tentent à chaque fois de recycler des politiciens dépourvus de décence et de sciences et de nous les imposer coûte que coûte.

Ces pratiques sont complices et participent à la normalisation de la médisance et font la promotion de la culture de l’absence de l’éthique dans la politique.

L’assainissement de l’espace médiatique passera inévitablement par un processus de toilettage de notre langage socio-politique qui est tellement parsemé de biais cognitifs et d’imprécisions sémantiques que nous avons aujourd’hui du mal à donner à la parole sa dimension performative d’antan.

Certains médias doivent respecter le choix du peuple et accompagner sa volonté méliorative en arrêtant de lui servir l’opinion et les avis biaisés de certains professionnels de l’imposture politique.
Les médias doivent éviter aussi de faire de certaines déviances isolées des tendances jusqu’à les exporter dans nos systèmes de gouvernance.

Refusons aussi que les médias soient des marches-pieds pour certains journalistes-politiciens qui ne déclinent pas clairement leurs ambitions dès le départ.
Leur utilisation de temps d’antenne au quotidien pour construire un projet politique c’est de la triche et ce n’est pas décent.

Un média doit être un outil de régulation et d’émulation de la culture démocratique et non être un organe d’amplification de tous les marionnettistes ambiants de la société.

Et c’est parce que nous avons compris toutes ces ignominies que nous devons refuser d’être des zombis à la merci de ces apprentis-magnants des médias.

Une autre manière de faire média est possible!

Aliou Bayla Kane
*Président de la plateforme *citoyenne Afrotempus_Les Symbiocrates.*⏱🇸🇳📡

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