Réforme de l’ École Coranique: le modèle Serigne Saliou-Mariama Niasse (Par Dr Ahmed Khalifa Niasse)

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Il y a lieu, tout d’abord, de signaler que la mémorisation du Coran est, certes, souhaitable. Elle peut être le rêve de la plupart des musulmans. Mais elle ne constitue point une obligation pour l’Islam . Autrement dit posséder une maison ou une voiture n’est point une obligation par rapport à la citoyenneté.

Toutefois le musulman est tenu de mémoriser la Sourate 1 ( Fatiha) plus un ou deux versets .Fussent-ils les plus courts. Comme c’est le cas pour Moudhamatani. Sourate 64(Rahman), Verset 63( signifiant duo de couleur vert foncé). Car la fatiha suivie d’un verset coranique est suffisante pour s’acquitter de chacune des cinq prières obligatoires.

Une réforme devra être d’abord qualitative quant à la durée. Qui doit se situer entre six et douze mois. Le « bizutage » doit être catégoriquement prohibé. Ainsi que la violence physique ou verbale . Y compris l’entrave ou l’enchaînement, la privatisation de nourriture, d’eau ou de soins médicaux.
A ce jour , les crimes et délits suivants sont commis dans des daaras . Lorsqu’un enfant déclare qu’il est malade il est aussitôt accusé de simulation. Et c’est la séance de bastonnade dite des « quatre gaillards « .
Lorsqu’il décède, comme c’est souvent le cas, il est enterré en catimini. Jusqu’à ce que d’éventuels proches viennent s’enquérir de lui . Pour recevoir comme réponse, soit que l’enfant a fugué depuis un temps x ou simplement il est mort de maladie. Et que le nécessaire a été fait .
Souvent dans les daaras ce sont des enfants abandonnés aux maîtres par des proches . Ou provenant de l’Etranger. C’est à dire des pays limitrophes.
Il y a lieu aussi de signaler que la pédophilie y est quelques fois exercée . Soit par le maître, soit par les adolescents que l’on appelle grands talibes .
D’ailleurs il est connu que les daaras de la délinquance choisissent une donne géographique transfrontalière. Telle que la bande située le long de la frontière Senegalo Gambienne des deux côtés du fleuve Gambie. Et qui est toujours situé côté gambien. Où le déficit sécuritaire est criard.
Le fils de la soeur de votre serviteur y a perdu la vie. En succombant à une bastonnade suite au fait qu’il se soit déclaré malade. Il n’avait que sept ans .
Le Procureur ne devrait-il pas ouvrir une information judiciaire sur les nombreux disparus et présumées morts des daaras?
L’autre zone consiste en une série de no man’s lands . C’est-à-dire dans des zones arides , isolées , d’accès difficile.
Dans la polémique alimentée par les média de la peur le principal argument dégagé est le consentement des parents. Ignorant le fait que le consentement n’absout point l’auteur d’un crime ou d’un délit.
Ainsi si quelqu’un demande par écrit à un tiers de lui couper la main le coupeur est coupable du délit de mutilation.
Aujourd’hui dans les grandes villes bien des vols par pickpocket ainsi qu’une partie du trafic de drogue passe par la filière des daaras ambulants.
Même s’il y a lieu de parler d’un autre type de daara dit de dressage, on y reviendra ultérieurement.
Mais cette réforme doit se conformer au modèle Serigne Saliou Mbacke.
Le saint homme qui a consacré toute sa vie a un enseignement soft. Dépourvu de toute violence. Physique ou verbale.
Bien des érudits de notre temps sont issus de cette école. Ce même modèle était partagé, à la fois, par Serigne Amsatou Macke de Darou Mouhty et Serigne Mountakha Mbacke , actuel Khalife Général des Mourides. Lequel a pris l’habitude d’avoir pour repas de midi du couscous dont la sauce n’est composée que de l’eau salée. Qu’il avait l’habitude de partager avec ses élèves qu’il considère comme ses enfants et petits-enfants. Le saint homme étant lui-même la douceur faite homme.
Il y a lieu, aussi, leur disciple Serigne Mot Mbaye Cissé de Diourbel
C’est ce modèle qui doit être généralisé et non pas l’anti modèle tant abhorré.

Le modèle Mariama Niasse est aussi merveilleux. Car la « maman coran » va jusqu’à ramasser des bébés abandonnés pour les materner. Et leur donner un enseignement coranique et une bonne éducation. Son lycée refuse du monde. Alors que les démunis qui sont nombreux chez elle sont logés, nourris , soignés et habillés.

Conclusion : Ou l’anti modèle se modélise ou il disparaît.
Ceux là mêmes qui ont saccagé le Tribunal d’Instance de Louga croient être des héros alors qu’ils ne sont que des vandales des temps modernes.

Dr Ahmed Khalifa Niasse

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