Publication de la liste définitive des candidats : le Conseil Constitutionnel a un nouveau rendez-vous avec l’histoire

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Un dimanche de tous les risques. En ce 20 janvier, tous les yeux sont rivés sur le Conseil constitutionnel qui doit dévoiler avant minuit, la liste définitive des candidats retenus pour la présidentielle du 24 février 2019. 

Ce matin, la sécurité était «ordinaire». Pas de dispositif particulier. Les barrières, qui étaient installées, à une centaine de mètres du siège, sont encore visibles. De plus près, quelques gendarmes discutent. L’on apprend que certains Sages sont déjà sur place. La circulation, elle, est fluide sur la rue 96 de Ngor-Almadies, qui longe la haute juridiction.

A la permanence Mouhamadou Lamine Badj du Pds, sise sur la Vdn, c’est le calme plat. Dans la cour, un véhicule est garé. A l’intérieur du bâtiment, dont l’accès nous est interdit, l’on entend à peine des voix. Ici, l’on est bien préoccupé par la décision tant attendue du Conseil constitutionnel. C’est en tout cas ce que fait savoir ce responsable du parti de Me Wade, trouvé sur les lieux. «Notre candidat Karim Meissa Wade sera candidat, on n’en doute même pas. Le Conseil va prendre en compte notre requête, nous sommes optimistes», fait-il savoir.

Ce membre du Comité directeur dit par contre préférer cacher la stratégie du parti au cas où Karim Wade serait définitivement recalé. Il entretient le mystère : «On ne peut pas vous dire, ici, ce qu’on compte faire si toutefois notre candidat est disqualifié, ce que je puis vous dire c’est qu’on n’acceptera pas. On fera face et vous verrez la suite.»

«La quiétude dans ce pays dépendra de…»

Autre lieu, même constat. Au siège de la coalition «Taxawu Senegaal» situé sur les deux voies de Sacré-Cœur, aucune présence policière n’est signalée, du moins jusqu’à l’heure où nous quittions les lieux (13h 20). À l’intérieur de la permanence dont la porte est fermée à clef, quelques militants devisent. La liste définitive des candidats à l’élection présidentielle est, naturellement, au centre des débats.

«Nous nous attendons à ce que Khalifa Sall soit rétabli dans ses droits puisqu’il réunit toutes les conditions qui lui permettent d’être candidat, déclare Bassirou Samb, membre de la coalition. Nous demandons au Conseil constitutionnel de rendre justice au nom du peuple, nous demandons aux juges de savoir qu’ils habitent ce pays et leurs enfants aussi et que demain, leur noms seront inscrits dans les annales de l’histoire.»

Samb ajoute : «S’ils (les juges) acceptent de jouer le jeu de Macky Sall, ils auront terni l’image de notre démocratie, ils auront trahi le serment de magistrats. La quiétude dans ce pays dépendra de la décision que les juges du Conseil vont rendre cette après-midi. Si le droit est dit tel qu’écrit dans nos textes, le nom de Khalifa Sall figurera dans la liste des candidats. Mais si une autre décision est prise, il s’agira tout simplement pour nous de faire face.»