Promoteur du Gamou et grand propagateur de l’Islam au Sénégal : Seydi El Hadji Malick Sy «Maodo», un modèle prophétique

0
362
Advertisement

El Hadji Malick Sy est né dans le département de Dagana, au Nord du Sénégal. Sa naissance a eu lieu dans le quartier de Daw Fall, à Gaya, en 1855. Descendant du Fouta Toro, de par son grand-père Demba Bouna Sy, El Hadji Malick Sy est orphelin de père à sa naissance et a été élevé par son oncle maternel qui l’a initié à la Tijaniya, une confrérie mystique fondée au Maghreb par Cheikh Sidy Ahmed Tijani (1737-1815).

Après de solides études coraniques entreprises auprès de grands érudits et différents foyers islamiques du Sénégal, entre 1858 et 1870, l’étudiant itinérant se rendit en Mauritanie pour parfaire sa formation. Après ces différentes initiations dans son terroir au Walo, entre autres études auprès d’Abdou Bitèye, à Saldé, ensuite à Thiarène, il devrait poursuivre des études en droit. C’est à l’âge de 18 ans, qu’il devient un professeur complet d’arabe.

Selon les hagiographes de sa biographie, El Hadji Malick Sy retournera chez lui et recevra le Wird Tidjane, l’Hidjaza (parchemin) de l’Ordre Tidiane, conformément aux recommandations de El Hadji Omar Tall qui avait donné auparavant le Wird à son oncle Alpha Mayoro Wélé. C’était au cours d’une visite pieuse ou «ziara» que ce dernier a effectué, avec quelques compagnons venus de Gaya, au lieu d’escale d’El Hadji Omar à Oréfondé (Matam), avant la naissance d’El Hadji Malick.

Publicité

Après sa quête de savoir auprès des maîtres les plus réputés à l’époque, en Mauritanie, dans le Fouta, chez Modou Mbathie à Keur Kodé Alassane, au Ndiambour et au Cayor, à Ndothj Sèye, Pathiasse, Nguick Fall, Lidoubé, Oréfondé, Longué Sebbé, Longué Foulbé, Thiarène, Saint-Louis, Taïba Sèye, Thilé Dramane auprès de Massila Mané, etc., l’étudiant itinérant El Hadj Malick Sy s’installe à Ngambou Thilé et joint le travail de la terre à l’enseignement.

En 1888, après le pèlerinage à La Mecque, son passage par le Sud de la France, à Marseille puis à Alexandrie, il construit la «Zawiya» de Ndar, en 1892. Il séjourna ensuite et fonda des écoles au Djolof, avant de retourner au Walo. Ses nombreux déplacements, l’affluence des fidèles, qu’il réunissait pour leur dispenser un enseignement, les prières et «Wazifa» dans la «Zawiya» et dans sa concession ont attiré l’attention des colons qui n’hésitent pas à le convoquer à Saint-Louis, de 1893 à 1905.

Après le défi de l’implantation de la «Zawiya» de Saint-Louis, El Hadj Malick Sy est en quête d’un point d’établissement. Il s’installe à Ndiarndé où il procéda à la formation intellectuelle et spirituelle de ses compagnons à Diacksao. Maodo s’implanta définitivement à Tivaouane sur invitation d’un commerçant nommé Djibril Gueye, en 1902. Il y fonda la «Zawiya» de Tivaouane et s’établit ensuite au cœur de Dakar, à l’avenue Lamine Guèye (de Dakar) où il a réussi à conquérir surtout le cœur des Dakarois, concentrés à l’époque entre le Cap Manuel et Bel-Air.

Avec ses proches compagnons, dont El Hadji Rawane Ngom de Mpal, il y organise la première commémoration du Mawlid Naby. En somme, Maodo ne s’est pas arrêté à enseigner, à décentraliser et à orienter. Il a surtout donné l’exemple d’une pratique cultuelle irréprochable. Outre l’enseignement, l’œuvre morale et philosophique de Maodo s’inscrit dans la voie de Seydina Mohamed (PSL). Non pas de se contenter à louer les vertus, mais il a fondé sa vie sur le principe de la Charia et de la Sunna. Autrement dit, suivre les pas du Prophète (PSL) et de son maître Sidy Ahmed Tijani.

«KHILAZU-ZAHAB», LE CHEF D’ŒUVRE DE MAODO

Maodo Malick Sy a légué, dans le domaine littéraire, de nombreux ouvrages sur divers sujets, sur la théologie, le soufisme, la biographie et louanges du Prophète (PSL). «Khilazu-zahab» (L’Or décanté), constitué de 1001 vers et qui est un condensé de la vie du Prophète (PSL), est sans doute le chef d’œuvre. Il faut y ajouter le «Kifayatou Raghibine», qui est un livre de Droit civil, social et pénal. «Wassilatoul Mouna ou Tayssir», «Fatihatou Toulaab», «If Ami Mounkiri Jaami». Il fut rappelé à Dieu le mardi 27 juin 1922, à Tivaouane.

Pub