Pauline Gueye : « Ma vie avec Idrissa Gana Gueye »

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Avec des mots choisis, la femme d’Idrissa Gueye s’est longuement confiée sur son rôle et le couple qu’elle forme avec le milieu défensif du PSG.

Il est rare d’entendre une femme de footballeur s’exprimer. Ce lundi, à l’heure du goûter, quand Idrissa Gueye s’occupait de leurs deux enfants Isaac (2 ans et demi) et Ismaël (7 mois), son épouse Pauline, 29 ans, nous parlait avec entrain et force détails de sa vie avec le milieu défensif du PSG arrivé au sein du club de la capitale en 2019.

Depuis quand connaissez-vous Idrissa ?

PAULINE GUEYE. En 2011, il est tombé par hasard sur mon profil Facebook et il m’a envoyé une invitation. Je l’ai acceptée. Il m’a répondu : Merci de m’avoir accepté comme ami. J’ai trouvé ça trop touchant, cela changeait des formules habituelles comme : Salut, est-ce que ça va ? Nous avions, à l’époque, une relation amicale. Je suis ensuite partie à Nantes afin de poursuivre mes études.

A quel moment avez-vous entamé une relation amoureuse ?

A mon retour à Lille, en 2014, pour faire mon Master en management et stratégie des entreprises. Quand il a signé à Aston Villa l’année suivante, on a décidé de créer quelque chose de sérieux, mais la condition sine qua non était que je termine d’abord mes études. Pendant un an, c’était un peu l’amour à distance car je travaillais pendant trois jours et je le rejoignais du samedi au mardi. Après l’obtention de mon Master en 2016, je l’ai rejoint en Angleterre. Idrissa évoluait à Everton. Moi, je travaillais comme gestionnaire de compte pour une entreprise américaine de sous-traitance informatique. J’appelais de nombreux clients dans le monde entier.

Idrissa vous a-t-il demandé d’arrêter de travailler ?

Non. J’étais hyper carriériste. Idrissa adorait que je lui raconte le déroulement de ma journée. Il m’a toujours soutenu dans tout ce que je faisais. Après notre premier enfant, je devais reprendre mon job, mais nous avons déménagé à Paris.

Malgré vos deux enfants en bas âge vous conservez une activité professionnelle…

Je suis influenceuse. Je reçois des produits, je les teste et si c’est bien, je le partage avec ma communauté sur mon compte Instagram undeuxetnous (NDLR : qui compte près de 83 000 followers). C’est une façon de rester active à la maison tout en m’occupant d’Ismaël et Isaac. J’ai d’autres projets. Vous me verrez peut-être sur les écrans. Avec Idrissa et des amis, nous travaillons aussi à la création d’une association pour aider les gens en difficulté au Sénégal et en France.

Avez-vous déjà reçu des commentaires racistes sur les réseaux sociaux ?

Non, jamais. Les gens sont surtout bienveillants avec nous. Parfois, il y a des critiques mais elles sont axées sur les performances d’Idrissa s’il est moins bon.

Supportez-vous les critiques sur votre mari ?

Il arrive à prendre du recul, mais moi ça me touche directement. Il y a un moment pour parler avec lui de sa performance. Si Idrissa a fait un bon match, on va en parler tout de suite, s’il a été un peu moins bon et qu’il rentre déçu, je vais le soutenir et on en reparlera deux ou trois jours plus tard.

Parlez-vous tactique avec lui ?

Bien sûr ! Je suis devenue une connaisseuse, je sais reconnaître un 4-4-2 (sourire). Pendant le match, je lui envoie des messages même si je sais qu’il les lira seulement à la fin de la rencontre. Après le match, la première chose qu’il va faire est de m’appeler et on commente. On regarde ensuite son match ensemble. Sur certaines actions, je lui demande pourquoi, par exemple, il a anticipé ou pas.

Suit-il un régime alimentaire ?

Il peut discuter avec la nutritionniste du PSG. Moi, j’ai pris des conseils. Par exemple, je prépare la veille d’un match des pâtes avec du poulet afin qu’il ait une bonne digestion. Il ne prend pas de jus d’orange le matin d’une rencontre car cela peut lui rester sur l’estomac. Il y a tout un mécanisme qui se met en place. Avant chaque match, son fils Isaac lui dit : Bon match et but papa. Un joueur doit être dans un confort mental. On pense trop souvent qu’une femme de footballeur a de la chance, qu’elle utilise la carte bancaire de son mari, qu’elle va faire les magasins… Mais non ! Elle doit être intelligente et prévoyante. On travaille dans l’ombre pour que notre mari pense seulement au foot.

Le sommeil est-il important pour un sportif ?

Il fait des siestes l’après-midi, il se couche tôt et je le laisse dormir le matin quand il en a besoin et qu’il n’y a pas d’entraînement. Il ne se lève jamais la nuit pour le petit. Et la veille des matchs, il dort dans une autre chambre. Mais, c’est un super papa qui s’occupe de ses fils. L’aîné adore jouer au foot avec lui.

Alliez-vous au stade avant la crise sanitaire ?

Oui avec Isaac. Sa phrase préférée, c’est : But à Paris. Il est excité devant la télé. Il n’a que 2 ans et demi mais il reconnaît immédiatement son papa. Il veut aller au match le voir, mais on lui explique que ce n’est pas possible en ce moment.

Quelle a été la plus grosse émotion d’Idrissa depuis qu’il est au PSG ?

Le match retour contre Dortmund l’an dernier (victoire 2-0 en 8e de finale de C1). Il avait été touché par les nombreux supporters soutenant l’équipe à côté du Parc des Princes. Il aurait aimé partager cette joie intense avec eux à l’intérieur du stade.

Quel est son rêve ?

Gagner la Ligue des champions avec le PSG. Cela marque une vie. Il serait tellement fier de ramener ce trophée à la maison pour ses fils.
Idrissa a réalisé deux grosses prestations contre le Bayern en quarts de finale de C1…
Quand il est rentré à la maison, il avait un sourire en coin. C’est l’Idrissa que je connais. Sur les deux matchs, c’est celui qui donne tout, qui va partout, qui se trouve en confiance.

Comment expliquez-vous son manque de régularité dans les performances depuis son arrivée au PSG ?

Pour moi, c’est le meilleur donc je ne vais pas être très objective. Idrissa est un sentimental. Il marche au feeling et à l’affect. S’il est bien dans sa tête, rien ne pourra l’arrêter. J’ai eu également une grossesse compliquée avec Ismaël. Forcément Idrissa était inquiet et cela peut parfois influer sur le rendement sportif.

Donnez-vous votre avis sur le choix de son club au moment d’un transfert ?

On en parle même si parfois j’apprends plus de choses par les médias que par lui. J’ai vécu le mercato le plus intense et stressant en décembre 2018. Idrissa recevait des coups de téléphone de Paris et il appelait ensuite Everton avec son agent. Un jour il devait s’engager au PSG et le lendemain c’était non. Finalement, il a signé à Paris six mois plus tard. J’étais très heureuse de revenir en France afin de manger, de nouveau, du pain français et bien sûr de me rapprocher de ma famille.

Prenez-vous des précautions particulières contre le Covid vu que de nombreux joueurs Parisiens ont été contaminés ?

Nous limitons au maximum les fréquentations. Si on reçoit quelqu’un à la maison pour quelques jours on lui demande de faire un test. Si Idrissa attrape le Covid, il pénalisera son club. On est donc intransigeant sur le protocole sanitaire.

Etes-vous inquiète après les nombreux cambriolages intervenus chez des joueurs du PSG ?

Les nuits qui ont suivi ceux chez Marquinhos et Di Maria, je faisais des cauchemars en imaginant que quelqu’un pouvait entrer chez nous et kidnapper nos enfants. J’étais très inquiète jusqu’à ce que le PSG mette en place des agents de sécurité 24 heures sur 24 devant chez nous. Je suis désormais rassurée.

Avez-vous une vie de privilégiée ?

Oui et non. Je mène une vie normale. On ne fait pas de folie, on sait d’où on vient. Même si nous bénéficions d’un certain confort, je ne roule pas en Porsche ou en Ferrari. Je n’ai pas de nourrice, de cuisinier ou de chauffeur. C’est un choix personnel. Ma mère nous a élevés seule mes deux petites sœurs, mon grand frère et moi, tout en ayant un travail. C’est un exemple pour moi.

Le Parisien