Paul Kagamé, un modèle de Président sur le continent africain

0
345

En dehors de l’Afrique des Grands Lacs, où le président rwandais a joué les faiseurs de rois et les déstabilisateurs, Paul Kagamé est devenu un modèle en vogue sur le continent africain. Chéri par les Occidentaux – Tony Blair le décrit comme « un visionnaire » etBill Clinton comme « l’un des meilleurs dirigeants de notre époque » –qui, après avoir détourné le regard pendant le génocide des Tutsi en 1994, n’ont jamais rechigné à mettre la main à la poche pour permettre au Rwanda de renaître, Paul Kagamé a longtemps été perçu comme un intrus par bon nombre de leaders de son continent. Ils ne savaient comment manœuvrer avec cet ex-rebelle aux influences davantage tournées vers Singapour que du côté des pères des indépendances africaines.

La méfiance a depuis cédé la place à la fascination et dans les palais présidentiels du continent, Paul Kagamé, dont la réélection le 4 août nefaisait aucun doute, est désormais une référence. « Il faut reconnaître qu’avec son pragmatisme, il a obtenu d’excellents résultats en matière de développement, confie un proche du président guinéen Alpha Condé. On essaye de s’inspirer de ce qui a été fait au Rwanda en termes de transparence, de discipline, de renforcement du secteur privé pour que notre propre développement emprunte des raccourcis»

La « success story » du pays des Mille Collines

La corruption, qui semble avoir été éradiquée chez les petits agents de l’Etat, l’efficacité apparente du service public, la porte laissée ouverte aux investisseurs étrangers et les innovations ou progrès, parfois mis en scène, afin de renforcer la narration sur la « success story » du pays des Mille Collines, constituent officiellement les principales raisons de l’attractivité du modèle rwandais.

Cependant, et même si personne ne veut le reconnaître, comment ne pas jalouser un chef d’Etat qui assume la traque et l’élimination de ses opposants sans soulever des campagnes de dénonciation des organisations de défense des droits de l’homme ? Comment ne pas envier un dirigeant qui s’ouvre les portes d’une présidence à vie sans provoquer une vague de protestations des chancelleries occidentales ?