Moustapha Name: un champion d’Afrique (sans jouer) en pleine confiance

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L’Histoire retient les vainqueurs, même les plus discrets. Moustapha Name fait partie de ceux-là. Comme Sadio Mané, Édouard Mendy ou Kalidou Koulibaly, le Dakarois est champion d’Afrique depuis le 6 février 2022. Même si le milieu du Paris FC n’a pas disputé une seconde de jeu lors de la CAN, il est revenu reboosté de cette épopée camerounaise. Celui qui vient de fêter ses 27 ans a désormais deux objectifs : découvrir la première division, et disputer la prochaine Coupe du monde au Qatar.

Moustapha Name est un homme discret, et un joueur sérieux. Pendant que ses coéquipiers du Paris FC rentrent aux vestiaires, le milieu de terrain répète ses gammes et travaille ses coups-francs. « Mouss » ou « Mousti » pour les intimes n’est pas habitué aux projecteurs, mais pourtant c’est bien lui qui prend la lumière en cette fin de saison.

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« Il est décisif, notamment sur coups de pieds arrêtés », apprécie son entraîneur en club Thierry Laurey. Il faut dire que Moustapha Name a marqué deux coups-francs et un pénalty lors des derniers matches. De quoi l’adouber auprès des supporters, qui l’ont élu meilleur joueur du club pour la 2e saison consécutive.

« C’est quelqu’un pour qui on a beaucoup d’estime », continue l’ancien technicien de Strasbourg. « En ce moment il marche très fort ! C’est vraiment un joueur qui est revenu revigoré de la CAN, avec le titre du Sénégal, et ça nous fait beaucoup de bien forcément. Il a progressé techniquement, physiquement et surtout mentalement. C’est un garçon avec un énorme potentiel, qui peut viser beaucoup plus haut ».

Des progrès observés depuis un certain 6 février 2022, lorsque le Sénégal est venu à bout de l’Égypte en finale de la CAN au Cameroun. Moustapha Name, qui a observé le parcours de son équipe depuis le banc pendant toute la compétition, ne peut pas retenir ses larmes.

« C’était important de faire partie de ce groupe magnifique », confie de sa douce voix le Dakarois. « Une compétition ce n’est pas seulement onze joueurs, c’est toute une équipe : les entraînements sont importants, comme les moments de la vie de tous les jours. Il faut un bon état d’esprit », estime le milieu élancé, sur un ton très calme. « Moi, je ne me contentais pas d’être uniquement dans le groupe. Gagner la CAN, c’est magnifique, mais tout le monde veut jouer, moi le premier.

Par contre, si tu ne joues pas, cela ne sert à rien de bouder. Ça ne te fera pas jouer demain, c’est le choix de l’entraîneur, il faut le respecter. Moi je suis sur la bonne voie, je continue de progresser en club, et je suis appelé en sélection, même si je ne joue pas beaucoup. Je travaille et je sais que mon heure viendra. » En attendant, le joueur qui vient de fêter ses 27 ans a été célébré comme il se doit par son club à son retour du Cameroun.

« Quand je suis rentré, le club m’a vraiment réservé un accueil chaleureux. Franchement je ne m’y attendais pas ! », concède dans un sourire timide Moustapha Name. « Ça m’a vraiment touché, car ils n’étaient pas obligés. Ils m’ont fait un gâteau, des cadeaux et m’ont envoyé des messages tout au long de la CAN. C’est très important ».

Une fête à laquelle tout le club du Paris FC a participé, y compris l’entraîneur Thierry Laurey : « Tout le club est venu, on l’a reçu dans les locaux pour lui faire comprendre qu’on était très fiers de lui. Certes, ce n’est pas un titulaire indiscutable dans l’équipe du Sénégal, mais c’est un garçon qui a participé à sa manière à ce titre. Les joueurs qui ne jouent pas ou peu sont essentiels, il faut avoir un état d’esprit remarquable. Mouss c’est justement quelqu’un de très très calme, très discret. Il fait partie des sages de mon vestiaire. »

Un sage pour certain, un grand frère pour d’autres. Formé à l’AS Dakar Sacré-Cœur, celui qui compte aujourd’hui 5 sélections avec le Sénégal a retrouvé au PFC son compatriote Lamine Gueye, 24 ans, très fier de son coéquipier.

« Qu’il soit sélectionné, c’est déjà une très bonne chose ! », savoure l’ailier. « Maintenant c’est à Aliou Cissé de lui faire gratter un peu de temps de jeu (rires). C’est un bosseur, il travaille bien, il est humble. C’est quelqu’un que j’aime bien. C’était énorme pour moi de le voir champion d’Afrique, car il y a 3 ans on jouait ensemble à Pau (alors en National, la 3e division française, Ndlr). C’est allé très vite pour lui, et c’est avec plein de bonheur que je l’ai suivi pendant la CAN. Il me donnait tout le temps des nouvelles. En tant que Sénégalais, on était tous contents, car ça faisait très longtemps qu’on l’attendait. »

Un titre qui en appelle d’autres : la Coupe du monde arrive bientôt, et une montée en Ligue 1 est toujours possible.

RFI

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