Melilla, de l’espoir à la désillusion ? (Bocar Harouna Diallo)

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L’émigration n’est pas un phénomène nouveau. Mais les traitements inhumains des migrants deviennent récurrents dans le pays d’accueil ou de passage notamment au Maroc. Le Maroc, un carrefour migratoire et pays d’accueil du fait sa proximité avec les iles espagnoles continuent de briser les rêves des migrants sub-sahariens. C’est un nouveau drame de la migration aux portes de l’UE avec des pertes de vies humaines (environ 23) inacceptables qui vient de se produire. Il s’y ajoute le nombre élevé de blessés. Face à cette tragédie humaine, une enquête sérieuse et indépendante doit être menée pour déterminer les circonstances de ce bilan très lourd. Cette situation fréquente montre à suffisance que les politiques migratoires suivies sont incohérentes, mortelles et obsolètes avec des frontières et des barrières qui tuent.

Ipso-facto, les présidents africains sub-sahariens surtout doivent réagir et les institutions internationales ne doivent pas aussi rester muettes. Les jeunes migrants sub-sahariens continuent de perdre la vie dans la mer durant leur voyage sans retour sans compter les innombrables interpellations des pirogues en pleine mer et les incessantes arrivées dans les îles Maghrébines et espagnoles.
Ces départs massifs montrent que les Etats africains ont failli leurs politiques de l’emploi des jeunes malgré les potentialités disponibles.
Qu’est ce qui justifie ces départs énormes?

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Beaucoup de justificatifs de départ de nos jeunes vers d’autres lieux estimés plus faciles à vivre sont évoqués par l’opinion publique majoritaire. D’autres s’interrogent sur l’inefficacité des politiques d’emploi des États et des taux de chômage parfois chroniques. Il faut aussi reconnaitre que les jeunes africains pensent que la migration est une carte de luxe à exhiber aux yeux de la société. Les retours des migrants réussis sont aussi un facteur parfois provocateur des départs massifs. L’autre réalité à reconnaitre est que beaucoup d’États africains n’ont pas sérieusement pas pris en compte la question migratoire dans leurs agendas politiques. C’est ce qui justifie les réactions factuelles de nos gouvernements en cas drames migratoires. Nos États ne connaissent pas assez nos migrants. Ils sont sources de questionnements que lorsqu’il y a de pertes de vie fréquentes et énormes. Ces départs fréquents justifient l’échec des États sur certaines politiques et programmes de développement.

En plus cette panoplie de cause, l’injustice, la non tenue des promesses, le système éducatif surtout jugé non professionnel avec des grèves intempestives, la jeunesse pense que l’Afrique n’est pas l’avenir et elle pense que la migration est la seule alternative pour accéder à une ascension sociale et économique plus prompte. La société africaine est parfois très agressive et juge fainéant voire paresseux un jeune qui n’a pas réussi financièrement. Avec aussi les rivalités, certaines familles poussent leurs fils à des aventures périlleuses.
Nous remarquons qu’il existe une multitude de facteurs d’émigration clandestine. Mais le durcissement de l’obtention des visas lié à la migration choisie est un facteur clé des émigrations clandestines. Paradoxalement les migrants clandestins casquent des fortunes pour aller périr sur la route.

Dans tout cela, la technologie joue aussi un rôle moteur pour la tentative de l’émigration irrégulière. Ce sont autant de causes de l’émigration clandestine persistante.
Ce fléau reste un défi majeur que nos États doivent faire face et retenir la jeunesse pour promouvoir un essor plus cohérent et rapide du continent africain.
Comment y parvenir ?
On dit souvent qu’un problème bien posé est à moitié résolu. La jeunesse est un vecteur de développement très crucial mais qui doit être formée, encadrée et suivie avec précaution. Le développement ne peut pas empêcher la migration mais peut quand même peut favoriser une émigration sûre et régulière. Pour retenir la jeunesse toujours en quête d’un avenir et ailleurs meilleur, il faudra:
1_ Promouvoir un système éducatif qui permettra aux jeunes d’avoir une vision de développement de proximité avec des idées locales;
2_Développer l’entrepreneuriat local avec la création des chaines de valeur bien structurées ; 3_Faire des transformations structurelles ;
4_Développer une stratégie d’attractivité du monde pour promouvoir un système agro-pastoral plus dynamique et générateur de revenus;
5_Connecter la technologie à nos réalités sociales pour faire des innovations locales accessibles aux peuples moins instruits.
Je pense aussi qu’il bon de revoir parfois les contenus des médias qui font penser que l’Europe est un eldorado où on peut gagner facilement la vie. Et pourtant les points sombres et certaines réalités occidentales ne sont pas bien tenus en compte. A cela s’ajoutent les programmes financés par les bailleurs étrangers qui parfois ne riment avec les besoins socio-économiques de notre jeunesse africaine.
Comprenons que la réalisation de ces solutions n’est possible qu’avec une synergie d’action de tous les acteurs concernés directement/ou indirectement. Tout au long, nous constatons qu’il y’a autant de facteurs de l’émigration clandestine considérée comme une ambiguïté persistante. Il faut tout de même un effort énorme voire un sacrifice pour retenir les jeunes et un modèle de développement économique profitable et accessible à notre population.

Bocar Harouna DIALLO, Géographe

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