Lettre Ouverte à Paul Kagame, Président de mon pays de rêve, le Rwanda (Par Djibril Diaw)

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Lettre adressée au Président Paul Kagamé, Président de mon pays de rêve le  Rwanda

Djibril Diaw
Dakar, Sénégal

A Monsieur le Président Paul Kagamé, président de mon pays de rêve.

Objet: Demande de naturalisation d’un citoyen d’un pays désespéré.

Monsieur le Président permettez moi tout d’abord de vous adresser toutes mes félicitations les plus sincères pour le travail remarquable accompli.

D’emblée, je ne saurais vous dire combien je suis désespéré de continuer à me réveiller dans ce pays qui m’a vu naître. Des désespoirs, j’en ai eu à n’en pas finir.
Est-il facile de les lister ? Voyons sur les points qui suivent:
• Absence d’un modèle politique propre adapté aux réalités du pays car étant copié sur la métropole

  • Un modèle économique peu viable puisque toute les secteurs clés sont aux mains des sociétés françaises : autoroutes (Eiffage), pétrole/gaz (Total), alimentation (Auchan), monnaie (le franc des colonies françaises d’Afrique)…la liste n’est pas exhaustive.
  • Un système éducatif archaïque puisque l’on continue d’enseigner dans nos collèges et lycées des œuvres telles que Vol de Nuit, Le Père Goriot, les Contemplations, Racine et tant d’autres.

Bien que les enseignements de nos vaillants religieux nous soient toujours répétés, qu’avons nous retenus de nos dirigeants depuis l’accession à l’indépendance? Si vraiment indépendance y’en a !
J’opte d’ignorer royalement les 40 ans du règne socialiste pour parler espoir de l’alternance connue en 2000 avec l’avènement de Me Abdoulaye Wade le Pape du Sopi ( changement ).
Le Sénégal connaît en l’espace de quelques années de grands projets allant des autoroutes aux monument de la renaissance. Mais que dire de l’impolitesse grandissant de la population sous l’ère Wade ? Le discours devient plus virulent. On assiste à la liberté exponentielle de la presse car beaucoup de médias voient jour. Des grèves répétitives de l’école. Même dans les sphères de la gendarmerie nationale on constate des failles jamais osées auparavant. Mais ce règne entraine surtout l’avènement de politiciens du jour au lendemain riches comme Cresus, qui dont la seule activité est de voler les maigres revenus du bas peuple.
Sur cette lancée le Pape que l’âge a rattrapé fut manipulé au point de se permette un 3e mandat en 2012, ainsi oubliant la maturité du peuple sénégalais.
Ainsi c’est sous une pluie d’espérances que la population accueillit la seconde alternance en 2012 avec le Président Macky Sall élu avec 65% au second tour un certain 25 février.
Sous le coup d’un contentement peu égalé, le nouveau président élu à promis monts et merveilles en commençant par la réduction de son mandat qui malheureusement n’est que du vent. Un gouvernement sobre et vertueux avec 25 ministres au commencement, mais qui dépasse largement les 80 de nos jours.
La Cour de Répression pour l’Enrichissement Illicite (CREI) est réactivée mais a abouti plutôt à une chasse à l’homme, bien-sûr ceux qui rejoignent entre temps le camp présidentiel sont sauvés des rouages de la prison.
Les grèves s’intensifient sur tous les secteurs.
C’est dans ce contexte que deux de mes camarades perdirent la vie des bavures policières pour avoir réclamé la maigre bourse, je veux bien nommer Bassirou Faye de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar un certain 14 Août 2014 et Fallou Sène de l’Université Gaston Berger de Saint Louis en 2018.
Mais que ne fut encore ma surprise de constater le manque criard de dignité ou quasi inexistant de nos dirigeants politiques. Ceux-là qui ont été présents de l’indépendance à nos jours se retrouvent à renier sans sourciller leur dévouement à la cause de leur engagement politique. Ceux-là qui ont jeté les bases d’une république sont aujourd’hui ceux qui sont prêts à sacrifier leurs idéaux pour une nomination et profitent des largesses d’un pouvoir éphémère.

Sur ce lot de désespoirs en qui la jeunesse doit-elle voir l’exemple ou le messie qui la sauvera ?

Je ne saurais lister mes désespoirs tellement ils sont nombreux et font que chaque jour ce pays me donne des envies de le quitter.

Sur ce, Monsieur le Président Kagamé, veuillez accéder, s’il vous plaît, en l’expression de ma haute volonté.

L’intéressé
Djibril Diaw

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