Lendemains de sanctions : L’UCAD garde sa sérénité

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Suite aux violences après les élections des amicales d’étudiants, en juin dernier, le Conseil de discipline de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a eu la main lourde en prenant des mesures disciplinaires contre les auteurs des faits. Cette décision diversement appréciée par les étudiants n’a pas, pour autant, occasionné des troubles dans les campus.   

Mardi 6 juillet. L’atmosphère est plutôt calme à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Des étudiants vaquent à leurs occupations. Au campus pédagogique, certains sont plongés dans les révisions. Ici, contrairement à ce que pensent certains, les récentes sanctions administrées à des étudiants suite aux violences notées lors des renouvellements des amicales n’ont pas perturbé le vécu quotidien dans les campus. Le calme et la sérénité règnent en maîtres, même si les sanctions restent diversement appréciées.

Le visage perlé de sueur, visiblement pressé, cet étudiant en deuxième année à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Ucad doit rejoindre l’amphi pour un cours à 10h. Cependant, Ousseynou Diop a du temps pour dénoncer «l’indiscipline» qui sévit au sein du temple du savoir. «Ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord qu’on est obligé de tout casser et de piller des restaurants», affirme-t-il. Le jeune de 21 ans considère que ces sanctions sont sévères mais justes. «Ces actions ne sont pas dignes d’un citoyen, surtout de la part d’étudiants en droit. Ils pouvaient faire un recours», tonne-t-il, intransigeant. Ces actes ne doivent pas, d’après lui, être tolérés au sein de l’université.

Aïssata Fall joue aussi une course contre la montre pour son cours de 10h. Mais elle emboîte le pas à son camarade Ousseynou Diop. «C’est une bonne chose, car ces actes prennent des proportions inquiétantes», déclare-t-elle. Cette dernière ajoute que cela peut servir de leçons aux autres. «Les étudiants ne doivent pas détruire nos biens. C’est une perte pour nous tous», soutient l’étudiante à la Faculté des sciences. Cependant, la jeune femme espère le retour au calme à l’Ucad.

«Les sanctions sont très lourdes. Je pense que c’est excessif», déplore Moussa Sylla. L’étudiant en deuxième année à la Faculté des sciences juridiques et politiques prépare ses examens. Assis sur les bancs publics du jardin de l’université, il révise en compagnie d’un de ses camarades.

Le but d’une sanction n’est pas, selon lui, de faire mal, mais de «servir de leçons, pousser la personne à éprouver des remords et servir d’exemple pour les autres», estime-t-il.

Ndèye Amy Dramé est du même avis. «Les autorités devaient faire preuve de clémence à l’égard de ces jeunes», a fait savoir l’étudiante en première année à la Faculté des lettres et sciences humaines. La jeune femme considère qu’ils sont des soutiens de famille. «Cela peut menacer leur avenir», affirme-t-elle non sans dénoncer les méthodes de protestation des étudiants.