Législatives du 31 juillet : Macky Sall dans la logique du «je gagne ou je gagne»

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À l’image de Laurent Gbagbo, le Président Sall va-t-il emboucher le slogan «je gagne ou je gagne» lors des prochaines Législatives ? Parce qu’il ne lésine pas sur les moyens pour parvenir à ses fins. Débauche d’argent avec la revalorisation des salaires, l’octroi de transfert cash aux couches vulnérables, subvention des denrées, et nous en passons… Rien n’est de trop pour Macky Sall, l’essentiel étant pour lui de décrocher le jackpot.

Avec cette grosse artillerie déployée, peut-il perdre les élections, si l’on sait qu’il a la mainmise sur le fichier électoral, sans compter le fait que son opposition est en train de se tirer dessus au lieu de…tirer dans la même direction ? Malgré tout, la partie est loin d’être gagnée, car les jeux sont loin d’être faits

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À l’approche des Législatives, le Président Macky Sall ne lésine plus sur les moyens pour séduire les populations, entre opération Cash transfert avec 43 milliards distribués à 500 mille familles, revalorisation des salaires, subvention des denrées, rien n’est de trop pour le Président Sall, l’essentiel étant pour lui de décrocher le jackpot. Avec tout cet attirail de séduction, la question qui nous vient forcément à l’esprit, c’est : pourra-t-il perdre les élections, si l’on sait qu’il a la mainmise sur le – ô combien stratégique – fichier électoral ?

Une question qui mérite réponse, parce que l’opposition qui devait incarner le changement est actuellement en train de se tirer dessus, oubliant par là, «l’essentiel» incarné par le maire de Dakar, Barthélemy Dias, qui est de faire bouger les lignes, en forçant le pouvoir actuel qui semble avoir sérieusement atteint ses limites, à la cohabitation.

Mais, ce rêve de parvenir à une assemblée de rupture, semble commencer à s’éloigner si l’on relève que présentement, ça va dans tous les sens au sein de l’opposition. Ce qui les mènera droit au mur, si l’on sait que le Président Sall ne compte rien lâcher pour remporter les joutes électorales. En atteste cette affaire d’invalidation, qui semble sceller inexorablement le sort de la liste Yaw à Dakar, pour non-respect de la parité.

Erreur matérielle ou volonté réelle de ne pas respecter la parité ? Il serait difficile de faire avaler à l’opinion publique que la coalition Yaw ou la grande coalition Wallù, ne seraient pas dans les eaux de respecter la parité ou la présence de personnel féminin pouvant occuper ladite place dans la liste des candidats à la députation au niveau de ces deux instances.

D’autant que nous nous devons, à la vérité, de rappeler que c’est bien Me Abdoulaye Wade – tête de liste Wallù ?- qui est le père de l’instauration de la…parité au Sénégal ! Alors, mauvais procès et micmacs politiques ?

L’on serait tenté de le dire ; tant on ne peut s’empêcher de penser que les dernières Locales ont mis à jour un gap de 90.000 voix entre la mouvance présidentielle et la seule coalition Yaw. On s’imagine bien qu’à deux, les coalitions Yaw et Wallù, les jeux sont faits en faveur de l’opposition, dans la cruciale bataille de l’hémicycle, à Dakar tout au moins.

Le gorgoorlou, lui, ne peut s’empêcher de penser là, que si c’est si difficile de déposer une liste, qu’en sera-t-il, à l’examen ? Et pourtant, ce méli-mélo juridico-politique aurait pu être évité aux Sénégalais, qui en ont jusque-là, à faire face aux hausses tous azimuts et au panier percé de la ménagère.

D’autant que, si l’on se fie à M. Valdiodio Ndiaye, expert électoral, «à ce jour, tout peut être corrigé et toutes les candidatures recevables». Selon ce spécialiste des questions électorales, «l’étape de l’examen juridique n’est pas arrivée (…). À ce jour, tout peut être corrigé et toutes les candidatures recevables», a-t-il expliqué, fondant son argumentaire sur le protocole de la Cedeao.

Mieux, un autre expert électoral, Ndiaga Sylla, fait remarquer de son côté, que «l’interdiction de retrait et de substitution de candidat» a été ainsi intégrée à chaque version du Code électoral». La disposition n’a pas été reportée pour le Code de 2021.

«[Dès lors, tout mandataire peut déposer une lettre de retrait ou de désistement dûment signée par un candidat investi par le parti politique, la coalition de partis politiques ou l’entité regroupant des personnalités indépendantes ]», a fait savoir Ndiaga Sylla. Foin de tous ces conseils de spécialistes ! Le camp au pouvoir, à la fois juge et partie, à défaut de gagner Dakar à la régulière, ne cracherait par sur ce qu’il considère comme du «mbourou ak soow».

Seulement, comme les voies du Seigneur sont insondables, il y a aussi un petit caillou dans la chaussure du camp au pouvoir, avec ce dépassement d’…une voix, du maxima de nombre de parrains autorisé par la loi. Même si une autre loi, inconnue du bataillon selon certains, elle, vient -fort opportunément-, autoriser ce dépassement, en contradiction d’avec un jugement rendu par le passé, par le Conseil constitutionnel, dans une affaire similaire.

Sans revenir au débat sur le bien-fondé de cette forme de parrainage imposée au forceps aux Sénégalais, il faut rappeler avec force, qu’aucune disposition juridique et/ou administrative ne saurait être au-dessus du principe de la libre expression du droit au vote des citoyens, tel que consacré par la Constitution de ce pays. Parce qu’en vérité, c’est bien là le véritable enjeu de ce qui se trame sous nos yeux. Mais au finish le peuple souverain tranchera.

La Tribune

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