Le Sénégal doit – il supprimer les langues étrangères dans son système éducatif au détriment des langues nationales ? (Par Amadou Gacko)

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Depuis l’arrivée des européens avec la colonisation, ils nous ont fait comprendre que leurs langues sont meilleures que les nôtres et qu’ils sont venus pour civiliser, éduquer….Pour cela, ils vont construire des écoles et recruter des instituteurs blancs pour nous apprendre à lire et à écrire.

Dans les colonies françaises, la France introduit le français comme outil pédagogique pour assurer une bonne assimilation des colonisés. Conséquences de cette politique assimilationniste sont la formation d’une élite sénégalaise diversifiée (hommes de lettres, enseignants, politiciens, avocats, syndicalistes…) qui maîtrise la langue française à telle sorte que faire une faute de grammaire, de conjugaison, d’orthographe, de syntaxe est considérée comme un délit voir même un crime tellement que les moqueries et les attaques viennent de partout.

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Ainsi, ils ont introduit le symbole pour pousser et obliger les écoliers à parler un bon français. Pendant des années, l’opinion publique pense que l’élève, l’étudiant, l’enseignant, le ministre, le président, le journaliste…qui fait une faute ne sait absolument rien qu’il est nul. C’est ce qui fait que beaucoup de personnes instruites préfèrent garder le silence ou éviter d’écrire devant les médias ou le public. Alors que d’autres personnes confrontées à des problèmes de compréhension sont obligées d’abandonner l’école car brimées et qualifiées de nulards ou de cancres. Il est important de retenir que les écoliers, les étudiants, les fonctionnaires ne sont pas ne Français, ni de parents français, ni dans un milieu français qui doivent les permettre d’assimiler, de faciliter la compréhension et la maîtrise des enseignements/apprentissages dispensés à l’école.

Au moment où, les français utilisent le français dans leur système éducatif. C’est ce qui fait que leurs écoliers, étudiants, fonctionnaires…ne sont pas confrontés à un problème de compréhension ou de maîtrise contrairement à l’écolier sénégalais né pulaar, diola, wolof, sérère… En effet, nous savons pertinemment que le lait maternel détermine et favorise l’intelligence de l’enfant et développe chez lui des compétences de savoir-faire.

C’est ce que plusieurs pays ont compris en introduisant les langues nationales dans leur système éducatif en traduisant beaucoup de sciences (mathématique, physique – chimie, histoire, géographie, philosophie, médecine, biologie…)en langue nationale. Exemple : les chinois et les arabes…. Ils ont profité de cette politique pour former et développer une diversité de compétences chez leurs citoyens. Grâce à ses compétences, la Chine populaire devenue indépendante en 1949 suite à une guerre civile qui a ravagé le pays et vivait dans un sous – développement chronique a su en profiter pour se développer et concurrencer les puissances occidentales. De l’autre côté, l’Arabie ( Qatar, Arabie – Saoudite, Bahreïn…) était un désert mais aujourd’hui grâce à ses compétences diversifiées, elle est devenue un Eldorado.

C’est ce que certains pays africains comme Kenya, Rwanda ont compris. Aujourd’hui, ces pays utilisent leurs langues nationales comme outil pédagogique. Conséquences : ils sont entrains de réaliser des performances économiques, sociales, culturelles exceptionnelles. Alors qu’au Sénégal jusqu’à présent, l’exigence et la pression continuent d’être fortes sur les écoliers, étudiants, fonctionnaires pour la maîtrise de la langue française même s’il a commencé à introduire les langues nationales à l’élémentaire.

La langue française constitue un handicap pour la compréhension des apprenants. Elle ne facilite pas la maîtrise des connaissances et du savoir – faire chez l’apprenant.
Pour un système éducatif performant, le Sénégal doit :

  • Codifier les langues nationales
  • Traduire les sciences en langue nationale
  • Supprimer les langues étrangères (français, anglais, espagnol, arabe, portugais…) dans notre système éducatif car nous n’avons pas besoin d’apprendre ces langues pour pouvoir les parler.
  • Modifier le programme enseigné à l’école en mettant l’accent sur les sciences et les compétences
  • Permettre aux apprenants de se spécialiser dès l’obtention du BFEM
  • Avoir un système de formation professionnelle au lieu d’un système académique
  • Créer des raccourcis pour permettre aux apprenants de trouver très tôt un emploi
  • Créer des conditions qui favorisent l’entrepreneuriat et le développement du secteur privé pour permettre à l’État de souffler et de diminuer le taux de chômage…

Voilà pourquoi le Sénégal doit supprimer les langues étrangères au détriment des langues nationales.
A celà s’ajoute, le jeune sénégalais mécanicien, soudeur métallique, plombier, maçon…n’a pas appris son savoir-faire dans une langue étrangère à ce que je sache et donc pourquoi vouloir obliger ou forcer les écoliers à utiliser les langues étrangères pour leur épanouissement ?

Monsieur Gacko, Professeur Histoire – géographie

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