Le militantisme politique de la jeunesse au Sénégal : L’influence de Ousmane Sonko (Par Amadou BA)

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Le militantisme politique de la jeunesse au Sénégal: l’influence de Ousmane SONKO

Difficile aujourd’hui de parler de Ousmane sonko sans faire l’objet d’admiration ou d’insulte. Afférant à cette polarité de réaction émotive, jamais un homme politique, du moins du 21e siècle, n’a autant suscité de passions, résorber autant d’espoirs, attiré autant de haine et de crainte que Ousmane SONKO. Bien entendu, les opinions nourries sur Ousmane sonko divergent suivant nos couleurs politiques.

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Quoi qu’il en soit, aucun adversaire, analyste ou observateur politique, aussi aveugle soit-il, ne pourrait occulter l’influence et l’hégémonie de sonko dans la nouvelle configuration du paysage politique. Il a le mérite de recycler le débat politique, jadis, pollué par des discours nauséabonds, partisans et déconnectés de la réalité quotidienne des sénégalais. Avec sonko, les débats sont polarisés autour de la réforme du système, de l’économie, de la révision des contrats léonins, du pétrole, du FCFA, de panafricanisme ect.

L’innovation apportée par le phénomène Sonko, c’est le regain d’intérêt politique de la jeunesse. A cause d’une frustration alimentée par la démagogie des politicards, qui se préoccupent rarement de leur insertion professionnelle malgré des promesses réitérées à chaque élection, les jeunes étaient expatriés du champs politique. Sous la pression conjuguée des vagues des réseaux sociaux, Sonko a su, par la force des mots, dresser un inventaire des maux conformes à leur réalité et toucher les cœurs et les esprits de ce segment de la population très sensible et suggestible au changement. Le leader de PASTEF a rapatrié les jeunes dans le champs politique avec de nouveaux référentiels.Dans leur dictionnaire, le mot politique devient projet pour la libération nationale, le militantisme est synonyme don de soi pour la patrie, l’ennemi c’est les acteurs du système. C’est clair, sonko a fait de cette jeunesse des soldats. Des soldats armés du patriotisme de Mamadou Dia, excités par les belles épopées des guelwar, des femmes de tallata nder, de la révolution torodo de Thierno Souleymane, du panafricanisme du Lumumba, de thomas sankara, louées et chantées par le maréchal sonko. Des soldats en guerre contre la corruption, l’ingérence étrangère, la république bananière. Sonko a levé l’étendard sanglant, la marche victorieuse est irréversible, la capitulation devient l’opprobre : la patrie ou la mort, il faut vaincre.

Bien sûr, tous les jeunes ne sont pas acquis aux idées de sonko mais ils subissent les externalités négatives de la pollution de son discours. Pour s’en prémunir, les victimes se tournent vers les offres politiques voisines. En effet, l’engagement politique de certains jeunes dans d’autres mouvements tire sa source du fanatisme de certains militants de pastef. La nouvelle coalition AAR Senegal va devenir un bassin de rétention des jeunes frustrés par l’extrémisme politique de certains pastefiens.

Ainsi, l’arrivée de sonko amorce le processus de renouvellement des hommes politiques au Sénégal avec une déferlante vague de la jeunesse. C’est à cet effet, que les dernières élections locales ont porté à la tête des magistratures des jeunes de l’opposition ou du pouvoir. Il me semble que ce phénomène est nouveau dans l’histoire du Sénégal où la politique demeure l’apanage des vieux. La démocratisation des réseaux sociaux va, sans doute, accélérer ce processus aussi longtemps qu’ils seront investis par les jeunes. Ce territoire virtuel est porteur de socialisation secondaire et participe à la sensibilisation et à la fabrication des opinions politiques. Sans le coup des réseaux sociaux, la portée des discours de sonko n’aurait pas autant d’importance. Oui celui qui contrôle les réseaux sociaux contrôlera probablement les jeunes. Ils nourrissent la démocratie et attirent la crainte des dictateurs.
A suivre
Amadou Ba
Foutankais

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