Le mariage, un acte religieux ou d’intérêt social ? (Par Moussa Amadou Deh)

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Si l’Amour revient au simple fait donne-moi, je te donne c’est que l’intérêt s’installe. Je comprends maintenant la philosophie camusienne qui considère que la vie n’est rien et rien ne vaut la vie.

A quoi se tuer pour cette vie si tout n’est qu’intérêt, manipulation et jeu.

Où est le endam dans tu dois avoir tout pour qu’on te donne ta cousine : la dote, la valise, le taureau, les houdiadji, les frais pour la grande cérémonie. Se marie-t-on par Amour ou par intérêt.

Deux âmes se rencontrent. Elles s’aiment (soi-disant puisque nous n’y ne croyons guère). Les années passent, ces deux âmes restent toujours ensembles et inséparables sous l’œil spectateur des parents sans mot pipé. La famille des deux âmes s’habitue à ces jeux d’amour. Elles sont cousines…

Quand vient les choses sérieuses à savoir passer à l’acte religieux : donner en mariage ces deux âmes selon les rites et coutumes religieux, ah ! là se crée tout un engrenage. Oui, il faut sceller le pacte, il est temps car ils sont en âge d’être sous le toit familial. Mais alors commence tout une série de problèmes pour l’âme masculin : as-tu ta dote ? Ta valise est-elle prête ? La somme pour la belle-mère et le beau-père… l’as-tu ? Et le taureau ? Et la nuit de noce de la jeune fille ? Autant d’interrogation qui va assommer l’âme masculine.

 La société n’aime pas le juste ni l’authentique. La société aime le mensonge, le jeu. C’est pourquoi l’essentiel devient inutile et l’inutile devient l’essentiel sinon pourquoi le jeu prime sur la religion. Et l’on nous dit que le mariage est un acte religieux. Une fois l’acte sceller c’est ta femme. Et pourtant une fois le mariage religieux sceller, le mari doit patienter d’avoir rempli tout l’inutilité de la vie quotidienne pour sa belle-famille avant de pouvoir voir sa femme. Alors que pendant le jeu des fiançailles il avait toutes les bénédictions de sa belle-famille. Se marie ton alors par religion ou par intérêt ?

Moussa Amadou DEH, doctorant en Linguistique diachronique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, élève-professeur à la FASTEF/dehmoussa169@gmail.com/ 77 443 61 10

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