- Dakar, 21 février 2026 (35e numéro) – Il faut avoir le courage de le dire. Ces 18 supporters ont été abandonnés.
Abandonnés par leur pays. Abandonnés par une diplomatie trop silencieuse. Abandonnés par la Fédération sénégalaise de football. Abandonnés même par ceux qu’ils allaient soutenir, les joueurs de l’équipe nationale.
Depuis leur arrestation, nous avons alerté. Nous avons expliqué les risques. Nous avons dit que les peines encourues étaient lourdes. Nous avons répété que le temps jouait contre eux. Mais personne n’a vraiment pris la mesure du danger. Pendant que les familles vivaient l’angoisse, le silence dominait.
Puis le verdict est tombé. Trois mois, six mois, un an ferme. Le vin est tiré, il faut maintenant le boire.
Mais tout n’est pas perdu.
Aujourd’hui, la balle est dans le camp du Roi du Maroc. Tout est entre ses mains. S’il doit y avoir une issue favorable, elle passera par une grâce royale.
Pour cela, il faut du sérieux. Il faut que les autorités centrales prennent ce dossier à bras-le-corps. Le président de la République, Diomaye Faye, doit s’impliquer personnellement. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui s’était rendu au Maroc avant même le procès, doit reprendre langue avec les autorités marocaines.
En parallèle, la voie religieuse ne doit pas être négligée. Le Khalife général de Tivaouane, le Khalife général de Touba, le Khalife général des Niassènes et d’autres autorités morales et religieuses respectées peuvent jouer un rôle déterminant dans une médiation.
Quant à la Fédération Sénégalaise de Football, le constat est amer. Pendant que nos jeunes étaient en prison à Rabat, la priorité semblait être la tournée nationale pour présenter le trophée de la CAN. Pendant que nos fils souffraient à l’étranger, on célébrait.
Il est encore temps de corriger nos erreurs. Cette fois, nous ne devons plus les laisser seuls.
Boubacar Kambel Dieng

