Hôpital régional de Ourossogui : Le Sutsas fustige l’augmentation des primes de la direction

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À l’hôpital régional de Wouro-Sogui, ce n’est plus le parfait amour entre les travailleurs membres de l’union régionale Sutsas (Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale) et le directeur. En sit-in ce mardi, ils ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 25 /10/2021 au 25/04/2022 pour exiger le respect, l’équité et la collaboration saine de la part des autorités sanitaires et locales de la région de Matam vis-à-vis de leurs camarades.

« Nous sommes là aujourd’hui pour fustiger l’attitude notre directeur, Dr Ousmane Gueye, qui depuis son arrivée à la tête de cette structure sanitaire, ne cesse de parler argent, estime Amadou Lamine Sanou, le secrétaire général de la sous-section Sutsas à l’hôpital régional de Wouro-Sogui. Il a d’abord fait équiper son logement, entièrement financé par l’hôpital. Et comme cela ne suffisait pas, il s’attaque désormais aux primes octroyées aux chirurgiens, qu’il juge excessives. Il a donc convaincu le conseil d’administration de lui offrir un prime de 1 million 90 mille francs, au lieu des six cent mille qu’il recevait auparavant. Nous en profitons pour fustiger l’attitude du conseil d’administration, qui a accédé à la requête du directeur, laissant en rade tout le reste du personnel, c’est inadmissible, fustige-t-il ».

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Et pourtant, les syndicalistes estiment ne pas s’opposer à l’augmentation de primes, mais que cela soit fait de manière équitable. « S’il une évolution des recettes de l’entreprise, la redistribution des ressources de se faire de façon équitable, estime Cheikh Bouya Niang. Le Sutsas usera de tous les moyens légaux pour combattre cette injustice ».

Le directeur de l’hôpital que nous avons rencontré, s’est dit étonné par ce mouvement d’humeur de ses agents. « Je n’ai adressé de demande d’augmentation de prime au conseil d’administration, explique-t-il d’emblée. C’est un des membres du conseil qui s’est rendu compte que la rémunération du directeur était trop faible, comparée à ce que gagne certains agents. Je peux même vous citer six à sept médecins qui gagnaient plus que le directeur. Trouvez-vous normal qu’un chef d’entreprise soit moins payé que ses agents ? Le corps médical était d’accord pour que les émoluments du directeur soit revu à la hausse. Le plus étonnant dans cette affaire, est que le secrétaire général de Sutsas de l’hôpital est un chef de service de l’administration (chef de service des soins infirmier, NDLR), ce qui fait qu’il a une triple casquette qui cause un conflit d’intérêt qu’il a du mal à résoudre. Il est au courant de la décision du conseil d’administration depuis le 13 août dernier. Il a donc attendu le 7 octobre, soit 54 jours après, pour agiter cette question sur le plan syndical. Je me demande pourquoi depuis tout ce temps, il n’est pas venu poser ce problème sur ma table pour qu’on en discute en tant que chef de service de l’administration, donc un collaborateur, ou bien en tant que syndicaliste. Jusqu’à ce jour, je n’ai reçu aucune plateforme revendicative. Je n’ai reçu que des ampliations d’une lettre qu’ils ont adressé au conseil d’administration. Et même pour ce mouvement qu’ils organisent ce matin (lundi 25 octobre, NDLR), ils ne m’ont pas adressé un courrier, ils l’ont adressé au gouverneur de région avec ampliation au directeur et dans cette plateforme ils ont même mis des districts qui ne sont pas de chez nous, ils parlent de cmu dans les postes de santé, voilà la situation, conclut-il ».

Le Sutsas se dit tout de même ouvert au dialogue. Idem pour le directeur de l’hôpital, qui estime que sa porte reste ouverte.

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