Honneur à la jeunesse panafricaine (Par Cheikh Mané)

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« Alea jacta est » (les dés sont jetés). Telle est la phrase prononcée par Jules César quand il entra inévitablement à Rome pour déclencher la Deuxième guerre civile de l’histoire romaine contre Pompée. Cette phrase utilisée ici marque indéniablement une nouvelle page de l’histoire africaine qui vient d’être écrite par la jeunesse panafricaine celle de la victoire sur l’impérialisme quelle qu’il soit.

Certes le chemin a été long, plein d’embuches et d’obstacles mais la victoire arrive toujours au bout de l’effort. Un sentiment de fierté nous envahit en cet après 17 janvier où on commémorait l’anniversaire de la disparition de cet illustre fils d’Afrique, ce panafricaniste confirmé, cet homme qui a toujours cru à l’Afrique malgré le crime odieux impuni que certains des fils indignes ont commis sur sa personne avec la complicité des puissances occidentales. Patrice Emery Lumumba, puisque c’est de lui qu’’il s’agit, prophétisait au crépuscule de sa vie dans une lettre adressée à sa femme : « Je sais et je sens au fond de moi-même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur. »

Qui l’aurait cru ? Cinquante ans après cette prophétie résonne comme un chant entonné par la jeunesse panafricaine pour restaurer la dignité et remettre l’Afrique sur les rails du 21ème siècle. L’histoire donne toujours raison aux grands hommes. Que faut-il de plus à notre mère Afrique du moment que ses enfants ont découvert leur mission et sont sur le point de l’accomplir. Ainsi parlait un autre panafricaniste Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir ». Et Nelson Mandela de renchérir : « qu’on donne aux jeunes la possibilité de s’éduquer et d’améliorer leur vie, ils tutoieront l’excellence. » Il est indubitable que la jeunesse panafricaine est au summum de l’excellence et de la maturité.

J’aimai à dire que le jour où l’Afrique se réveillera, le monde tremblera. Mais le réveil de l’Afrique doit-il être une continuité de ce système suprématiste, inégalitaire et impérialiste qui a longtemps plongé le monde dans l’agonie, la peur de l’autre, les guerres, la famine, l’injustice, etc. ? Non, citoyens du monde, n’ayez plus peur. Le réveil de l’Afrique sera la victoire du bien sur les forces du chaos ; le retour de la paix, de la justice et de la vérité ; le rétablissement de l’ordre universel, de l’équilibre ; et la marche vers cet idéal du 21ème siècle qu’est le vivre ensemble.

« Le Rubicon a été franchi », la jeunesse panafricaine a osé ce que ses dirigeants redoutaient : tenir tête à l’impérialisme et dénoncer à travers le monde la plus grande exploitation monétaire de notre temps et dont l’Afrique paye les frais : le franc CFA. Un des fils de l’Afrique, panafricaniste et président du mouvement Alternatives Citoyennes, Babacar Ba, montre comment cette monnaie constitue un frein pour le développement de l’Afrique : « le franc CFA est systématiquement contre l’Afrique. (…) Une monnaie doit refléter la réalité économique, le franc CFA ne reflète pas la réalité économique de nos pays. »

Par conséquent, la victoire du 7 janvier contre cette monnaie marque le triomphe du panafricanisme et particulièrement de la jeunesse panafricaine. Jamais un événement n’a eu et n’aura un impact aussi considérable dans l’indépendance totale de l’Afrique. Le train de l’unité africaine et du panafricanisme est en marche vers le sommet. Pour les sceptiques, l’histoire nous jugera.

La jeunesse a montré la voie. D’où l’urgence pour nos gouvernants de penser à l’unité de l’Afrique sous toutes ses formes. Le panafricanisme est notre locomotive pour accéder à l’unité, à la conservation et à la perpétuation de nos cultures et valeurs, à la vulgarisation de ce patrimoine dans le monde, mais aussi il doit nous permettre de retrouver notre place de leader mondial confisqué par ceux qui étaient jadis nos élèves ou nos disciples.

Comme aimait le dire Thomas Sankara à ses ennemis : « Tuez Sankara. Des milliers de Sankara naitront ». Force nous est, donc, de rendre un vibrant hommage à ces milliers de jeunes Sankara, Lumumba, Nkrumah, Mandela, Cheikh Anta diop, etc. qui sont en train d’exaucer le vœu de Patrice Lumumba en écrivant d’une encre indélébile l’histoire africaine : « L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. »

Qu’’il me soit permis de remercier et de chanter la gloire de tous ceux-là qui par leur lutte et leur sacrifice ont contribué à la mise en marche de ce train : William Du Bois, Marcus Garvey, Kwamé Nkrumah, Frantz Fanon, Nelson Mandela, Patrice Lumumba, Amical Cabral, Thomas Sankara, Cheikh Anta Diop, etc.

Qu’’il soit remercié et encouragé toute cette nouvelle génération panafricaine engagée qui œuvre inlassablement à la bonne marche de ce train. Mention spéciale à Kemi Séba, Felwine Sarr, Aminata Dramane Traoré, etc.

« La patrie ou la mort » disait Sankara, nous disons l’Afrique ou la mort.
Vive le Panafricanisme !
Vive les Etats Unis d’Afrique !
Que Dieu Bénisse l’Afrique et les Africains !

Cheikh Ahmadou Tidiane Mané
Sikiri87@yahoo.fr

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