Gamou 2018 –Retour sur la vie et l’oeuvre de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, 3ème Khalife des Tidianes

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Fils de El Hadj Malick Sy, ce 3éme khalife des tidianes est sans doute le plus connu et le plus aimé de sa lignée. Durant toute la période de son khalifat (1957-1997), il a contribué à l’unité entre confréries et au dialogue islamo-chrétien au Sénégal. Gfm.sn retrace la vie de cet érudit, arraché à notre affection le 14 septembre 1997. Son surnom Dabakh qui signifie le tanneur de peau en arabe a été transformé par les Wolofs en «Daa baax» qui signifie » il est généreux» Sa générosité était véritablement légendaire.

Fils de El Hadj Malick Sy, pionnier du tidianisme au Sénégal, et de Sokhna Safiyatou Niang, Abdou Aziz Sy est né en 1904 à Tivaouane. Dans sa jeunesse, il fit de longues études islamiques y apprenant notamment le Coran et son exégèse, le droit islamique malikite, la langue arabe, la théologie  asharite, le soufisme et les relations humaines. Il accéda au titre de khalife de la Tidianya au Sénégal le 29 mars 1957, après la mort de ses frères aînés Seydi Ababacar Sy et El Hadj Mouhamadou Mansour Sy, eux-mêmes khalifes, et tous deux décédés quasi simultanément. Son surnom Dabakh (« il est généreux » en wolof) est dû à sa grande générosité et à son ouverture. Durant son khalifat, il fit de nombreux voyages, notamment au Maroc, en  Arabie Saoudite, aux Etats -Unis, en France, en Mauritanie, suite aux nombreuses sollicitations qu’il reçut, en rapport avec la haute maîtrise qu’il avait du savoir islamique. Son discours à la Mecque en 1965, au congrès islamique, où il fut remarqué, non seulement pour sa maîtrise de la langue arabe mais aussi pour la pertinence et la haute portée de son discours, reste encore dans la mémoire de tidianisme en Afrique.

Au Sénégal, il œuvra beaucoup dans le domaine agricole et reçut en 1965 une médaille dans ce domaine. C’était aussi un grand commerçant. Doué en chant et en poésie, il mena plusieurs fois, avec sa voix caractéristique, les chœurs religieux lors de la nuit du Mawlid, fête de la naissance de Mohamet. Il lutta aussi pour une meilleure cohésion entre les différentes confréries musulmanes du pays.Il meurt le 14 septembre 1997 et son neveu Serigne Mansour Sy lui succède dans ses fonctions de Khalife des Tidianes.En dirigeant les Chœurs des talibés de son père, il se fait une popularité sans faille. Ainsi «Moulaye Dabakh» comme l’appelaient affectueusement les disciples, faisait autorité de par sa sagesse et sa culture.

Il était aussi un républicain, un homme qui ne se taisait quand sa société était en danger. Il a toujours demandé aux chefs religieux de tenir un langage de vérité à leurs disciples. Au pouvoir temporel, il a toujours rappelé que rien n’allait plus dans ce pays en raison des hommes faux, corrompus et malhonnêtes exploitant honteusement les populations.

Durant son khalifat (1957-1997), il fit de nombreux voyages, notamment au Maroc, en Arabie saoudite, aux Etats-Unis, en France, en Mauritanie, suite aux nombreuses sollicitations qu’il reçut, en rapport avec la haute maîtrise qu’il avait du savoir islamique. Pacifique, humble, courtois et discret, Serigne Abdou a su tisser dans les pays arabes, notamment au Maroc et en Arabie Saoudite, un tissu relationnel très solide, avec un seul et unique objectif : consolider la  Oumah islamique. Après avoir veillé 40 ans sur l’héritage et le temple de El Hadj Malick Sy, il est rappelé à Dieu le 14 septembre 1997, coïncidant avec un brouillard qui a duré toute la journée alors que l’on était en période d’été. Ce que tout le monde voyait comme étant un signal fort sur la dimension extraordinaire de ce saint homme. Son neveu Serigne Mansour Sy «Borom Daraa Yi», lui succède dans ses fonctions de Khalife des Tidianes.

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