Fouta – Le collectif pour la Défense des Intérêts du Bossea exige la lumière sur les 700 milliards du projet “SénégalDevBossea”

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Le collectif pour la Défense des Intérêts du Bossea a tenu une conférence de presse ce mercredi 29 janvier à Dakar pour alerter et informer l’opinion nationale et internationale sur le projet “SenegalDevBossea” OWAC ENGENEERING COMPANY en partenariat avec International Business Enterprise (IBE) INC sur le territoire des communes d’Oréfondé, Agnam, Thilogne et Dabia dans le département de Matam (Fouta)

Voici l’intégralité de la déclaration recueilli par www.senescoop.net

Vu la loi n°2013 -10 du 28 décembre 2013 portant sur le code général des collectivités locales ;

Vu le code général des collectivités locales en son article 3 ;

Vu le code général des collectivités locales en son article 7 ;

Vu le code général des collectivités locales en son article 83 ;

Vu la loi constitutionnelle n° 2016-10 du 5 avril 2016 portant révision de la constitution notamment à son article 25-1 ; 25-2 ; 25-3- ;

Vu les principes de bonne gestion des collectivités territoriales ;

Vu les directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale ;

Considérant, la démarche non participative et non inclusive dans l’élaboration du projet SénégalDevBossea ;

Considérant, le refus du président du GIC, de se prononcer sur la question foncière de ce projet ;

Considérant les antécédents fonciers dans les communes de Dodel et de Fanaye en relation avec les investisseurs privés étrangers ;

Considérant l’absence de communication en amont du projet ;

Considérant l’inexistence d’études de faisabilité et d’impact du projet jusqu’à ce jour ;

Considérant que le contrat BOOT de 500 mois (41 ans et 8 mois) du projet est une forme de spoliation foncière dans le territoire du Bossea ;

Considérant la méconnaissance des obligations du Groupement d’Intérêts Communautaire (GIC) dans cette fameuse convention ;

Considérant la campagne de désinformation portée par un groupuscule qui confond les terrains politicien et citoyen ;

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES INTERETS DU BOSSEA a été mis en place et regroupe des jeunes et des adultes, hommes et femmes, habitants la contrée du Bossea composée des communes d’Oréfondé, d’Agnam, de Thilogne et de Dabia, dans la région de Matam, ainsi que toute personne qui partage sa vision, sans distinction de race, d’ethnie, d’appartenance politique, religieuse ou territoriale. Il est né, suite à la signature le neuf décembre deux mille dix-neuf d’une convention de financement d’une valeur de sept cent milliards de francs CFA entre le Groupement d’Intérêt Communautaire (GIC) du Bossea, l’entreprise italienne OWAC ENGENEERING COMPANY SRL et le Consortium américain International Business Enterprises (IBE) Inc. USA.

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES INTERETS DU BOSSEA a pour mission d’alerter et de sensibiliser les populations à la base sur le développement communautaire, ses dispositifs et mécanismes, ainsi que les rôles et responsabilités des acteurs en présence. Ses activités sont orientées dans la sensibilisation, l’accompagnement, la formation et l’assistance technique aux élus locaux, aux structures de développement dont les chefferies des villages, les structures de gestion des infrastructures, les groupements de promotion féminine, les associations de jeunes et les comités villageois de développement.

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES INTERETS DU BOSSEA, a dans le cadre du projet SénégalDévBossea, relevé neuf incohérences :

Incohérence 1 : la signature d’une convention de financement d’un tel montant sans qu’il y’ait un projet clairement défini

Incohérence 2 : le GIC ne disposant d’aucun document de planification à court, moyen et long terme, la référence aux documents des communes respectives ne peut pas être une simple addition.

Incohérence 3 : un contrat BOOT d’une durée de 500 mois est une forme de cession des ressources concernées

Incohérence 4 : la RSE jusqu’à présent, telle que recouverte dans nos collectivités territoriales, n’est pas encadrée et les principes de bonne gouvernance ont toujours fait défaut

Incohérence 5 : l’entreprise signataire, OWAC, étant spécialisée dans la construction d’usines de traitement de déchets, de leur recyclage à des fins de productions énergétiques, aurait peu ou pas de matière dans le contexte du Bossea

Incohérence  6 :    l’idée   de   transformation   du   territoire   du   GIC    en   une   zone

économique spéciale (ZES) laisse entendre qu’il existe des ressources suffisamment inexploitées qui nécessiteraient le concours de plusieurs entreprises.

Incohérence 7 : le financement en question est un financement privé bancaire et le taux est de 0%

Incohérence 8 : la proposition faite par le GIC de réaliser les études de faisabilité après avoir ficelé le projet «SénégalDevBossea»

Incohérence 9 : la non-existence d’étude d’impact économique, environnementale et sociale d’un tel projet d’envergure

Face à cette situation

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES INTERETS DU BOSSEA réclame :

  1. Que cette fameuse convention soit mise à la disposition de la population ; pour qu’elle soit étudiée de façon approfondie et sérieuse.
  • Le respect des principes de gestion des projets de développement communautaire, gages d’une stabilité sociale

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES INTERETS DU BOSSEA interpelle :

  1. L’Etat du Sénégal, au premier chef le Président de la République, le ministre des Collectivités Territoriales, le ministre de la Coopération Internationale
  • Le médiateur de la République avant la mise en œuvre non souhaitée du projet dans ces conditions
  • La société civile sénégalaise à accompagner davantage les collectivités locales et les populations à la base sur la gestion concertée des ressources

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES INTERETS DU BOSSEA exige des membres du GIC, notamment son président, la réponse aux sept questions ci-après :

  1. A combien d’hectares représente l’assiette foncière dont a besoin l’entreprise

OWAC ?

  • Quelles ont été les étapes de la négociation pour l’obtention de ce financement record dans l’histoire des collectivités locales au Sénégal ?
  • Quelles sont les obligations du GIC dans le cadre de cette convention ?
  • Quelles sont les garanties que l’entreprise OWAC a reçues du GIC pour venir investir dans l’environnement du Bossea ?
  • Quel est l’objet principal de ce projet, distinctement des domaines d’activités qu’il va toucher ?
  • Comment ce sera mis en œuvre ce projet sachant que le BOOT ne laisse aucune marge de manœuvre au GIC et que ce dernier n’a jamais mis en œuvre un projet d’envergure ?
  • Quelle compétence dispose le GIC en matière de gestions de fonds privés, ou bien si les fonds sont gérés par l’entreprise OWAC comment seront-ils utiles pour le GIC ?

Pour le Collectif pour la Défense des Intérêts du Bossea, Le Coordinateur Aliou Hamady BA

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