Fonds Force Covid-19 : comment les 1000 milliards ont été dilapidés

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C’était une décision, peut-être, pleine de générosité. Mais, à l’arrivée, les résultats sont très mitigés. Au siège du Comité de suivi de la mise en œuvre des opérations du fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19, hier, Legs Africa, l’ONG 3D et d’autres organisations de la société civile ont pu constater de visu la masse de documents disponibles pour ‘’justifier’’ les dépenses des différentes autorités contractantes.

Pour Elimane Haby Kane, même si des choses positives ont été enregistrées, pas mal d’interrogations se posent sur la manière dont les fonds ont été gérés, dans le cadre de la riposte contre la pandémie. Il déclare : ‘’Pour les impacts de cette gestion, c’est dans le long terme qu’on pourra savoir. Mais déjà, nous vivons certains impacts découlant, en partie, de la manière dont la riposte a été faite. Par exemple, en ce qui concerne la hausse des denrées, elle peut être liée, directement ou indirectement, aux mesures qui ont été prises. Avec des options stratégiques comme investir plus sur les secteurs productifs, notamment en matière de souveraineté alimentaire, cela aurait pu nous permettre de ne pas subir les incidences du marché international et d’éviter certaines inflations.’’

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Toujours dans le lot des mauvaises décisions dont les impacts ont été néfastes, il y a la part insuffisante de ressources accordées au secteur de la santé. ‘’Sur les 1 000 milliards F CFA prévisionnels, regrette M. Kane, seul un dixième a été consacré au renforcement du système sanitaire, soit 105 milliards, alors qu’il s’agissait de lutter d’abord contre la pandémie. D’ailleurs, il a fallu cette troisième vague pour qu’on se rende compte qu’il n’y a pas suffisamment de provisions pour faire face’’.

Ainsi, souligne-t-il, même si l’Etat a dépensé 6 milliards pour l’achat de médicaments, ce sont les patients eux-mêmes qui se prenaient en charge. A ses yeux, il y a eu donc des problèmes par rapport aux décisions qui ont été prises, notamment en matière de priorités dans la répartition des fonds.

Pour les organisations de la société civile, le travail de contrôle citoyen doit se poursuivre, après le volet institutionnel du suivi. D’après le président de Legs Africa, c’est aux citoyens de s’approprier ce qui a été fait, de faire leurs propres analyses, au besoin même un audit citoyen alternatif, selon les questions qu’ils se posent. Bref, poursuivre le travail pour un changement positif de la gouvernance.

Elimane Haby Kane : ‘’Nous comptons aller plus loin dans ce travail de redevabilité, en organisant notamment une mission d’audit citoyen avec d’autres partenaires pour arriver vers un rapport alternatif de la société civile et faire des propositions qui peuvent permettre de mettre en place un guide de contrôle citoyen en situation d’urgence, la formulation de cadres de référence qui nous permettent d’avoir des outils de nature à savoir comment répondre à certaines catastrophes, d’avoir un mécanisme de gouvernance transparente et qui renforce la redevabilité active, l’implication des citoyens et des communautés…’’

Par ailleurs, au chapitre des décisions qui écœurent les organisations de la société civile, il y a l’octroi de 300 millions F CFA à l’Assemblée nationale, au moment même où les députés s’organisaient pour faire des dons. Il en est de même de certaines dépenses effectuées par des ministères et qui n’ont rien à voir avec la riposte…

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