Eliminatoires CAN 2019 : la montée en puissance sélectionneurs africains à l’épreuve

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La deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019 se déroulera en septembre. Après une Coupe du monde au bilan mitigé pour les équipes de football africaines, on peut remarquer la montée en puissance des sélectionneurs africains dans les dernières nominations.

Le dernier classement Fifa pour le continent africain a mis en tête deux pays, la Tunisie et le Sénégal. Point commun : les deux nations ont un sélectionneur « local ».

Si la Tunisie a participé au dernier Mondial en Russie, elle le doit au travail de Nabil Maâloul, qui a qualifié son équipe avant de quitter son poste à l’issue du tournoi. Et son successeur a aussi été choisi dans le vivier local, puisqu’il s’agit de Faouzi Benzarti, un technicien expérimenté qui a entre autres atteint la finale de la Coupe du monde des clubs de la Fifa en 2013, avec le Raja Casablanca.

Aliou Cissé sur la durée

Au Sénégal, Aliou Cissé est aux commandes depuis mars 2015. L’homme qui a succédé au technicien français Alain Giresse est toujours en place après une CAN et un Mondial. Pour espérer conquérir le titre continental en 2019, le Sénégal a donc misé sur la stabilité. Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Augustin Senghor, avait annoncé en juillet le maintien à son poste du sélectionneur national. Le président a félicité l’ancien capitaine des Lions de la Téranga, qui a atteint deux « objectifs intermédiaires », les quarts de finale de la CAN 2017 et la qualification en phase finale de la Coupe du monde, malgré une élimination au premier tour.

En Algérie, après le départ de Rabah Madjer, c’est Djamel Belmadi qui vient au chevet d’une sélection en manque de résultats et qui doit réussir sa qualification pour la CAN 2019. Pourtant, l’ancien joueur de Marseille ne compte aucune expérience à la tête d’une sélection nationale, mais a entraîné au Qatar.

Lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations en 2017 au Gabon, seuls quatre sélectionneurs africains sur les seize équipes présentes étaient aux commandes : Florent Ibengé pour la RDC, Aliou Cissé au Sénégal, Baciro Kanté avec la Guinée-Bissau et Kalisto Pasuwa au Zimbabwe. Mieux qu’en 2015, où les Africains n’étaient que trois sur les bancs de touche de la CAN en Guinée équatoriale, mais nettement moins bien qu’en 2002, où ils étaient neuf !

Le Ghana ou la Côte d’Ivoire avec des locaux

Qu’en sera-t-il l’été prochain, avec pour la première fois 24 équipes en phase finale de la CAN ? S’il est trop pour y répondre, la tendance devrait être nettement à la hausse. En effet, des nations comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana, qui ont l’habitude de prendre part au tournoi, ont aussi fait le choix d’un sélectionneur local. La Côte d’Ivoire, dirigée par Michel Dussuyer en 2017 (parti au Bénin), l’est désormais par Ibrahima Kamara. Le Ghana, vainqueur de quatre CAN et finaliste à cinq reprises, a remplacé l’Israélien Avram Grant par Kwesi Appiah.

La RDC est toujours sous la houlette de Florent Ibenge depuis 2014, et seul le Nigeria n’est plus en phase avec les entraîneurs locaux qui se sont succédé entre 2010 et 2016, pour laisser la place à l’Allemand Gernot Rhor.

Ailleurs, la Tanzanie a fait un choix audacieux en confiant les rênes de l’équipe à Emmanuel Amunike, l’ancien Super Eagle nigérian. Une tendance qui s’ajoute à d’autres choix similaires dans des équipes moins réputées, comme le Niger entraîné par l’Ivoirien François Zahoui, les Comores avec Amir Abdou ou le Liberia avec James Debbah.

Le sacre de Stephen Keshi en 2013

Si l’école des « sorciers français » en Afrique a encore de beaux jours devant elle, à l’image d’Hervé Renard au Maroc ou de Claude Le Roy au Togo, la tendance pourrait s’inverser. Même si les propos du président de la Fédération malienne de football lors de la CAN 2017 pourraient laisser penser le contraire. « M. Giresse, c’est une demi-finale de Mondial et une carrière de plus de 20 ans. Il impose le respect, enchaîne le dirigeant. Un entraîneur local  ? J’aimerais, mais en plus du problème lié au niveau, il y a celui du salaire. Face à des joueurs stars qui touchent des fortunes en Europe, on s’exposerait à un problème d’autorité  », avait-il avancé au Figaro. Aujourd’hui, le Mali compte sur Mohamed Magassouba, qui assure l’intérim depuis le départ d’Alain Giresse.

Les entraîneurs français ont soulevé le trophée cinq fois  : Claude Le Roy en 1988, puis Pierre Lechantre en 2000 avec le Cameroun, Roger Lemerre en 2004 avec la Tunisie et Hervé Renard avec la Zambie puis la Côte d’Ivoire, avant de rejoindre le Maroc. Et lors de la dernière CAN, c’est le Belge Hugo Bross qui a porté le Cameroun sur le toit du foot africain, avec face à lui l’Argentin Héctor Cúper et l’équipe d’Egypte.

Le dernier coach africain à avoir obtenu le Grall reste le Nigérian Stephen Keshi en 2013 en Afrique du Sud. L’homme s’est éteint à l’âge de 54 ans, le 8 juin 2016. Il avait confié à RFI ces mots à l’issue de son sacre : « J’espère que davantage d’entraîneurs africains auront des postes et rendront leur pays fier. C’est un peu difficile quand on est un coach africain, certaines fédérations pensent vous donner le boulot comme si c’était une faveur. Elles veulent tout de suite une équipe merveilleuse et gagner la Coupe du monde. Il faut un peu plus de patience en Afrique et nous laisser travailler. »

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