Drame au Tchad : La garde du président du Parlement abat un civil

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Un homme a été tué lundi 4 novembre par des tirs à balles réelles provenant du cortège de Haroun Kabadi, président de l’Assemblée nationale du Tchad. De nombreux Tchadiens se sont insurgés sur les réseaux sociaux contre la garde personnelle de la deuxième personnalité du pays, d’autant qu’elle n’en est pas à sa première bavure.

Le tribunal de grande instance de N’Djamena a ouvert mercredi 6 novembre une enquête après la mort de Bonheur Manayal Mateyan, un motocycliste de 34 ans, tué deux jours plus tôt par des tirs provenant du cortège de Haroun Kabadi, sur l’avenue Pascal Yoadimnadji à N’Djamena. Quatre militaires des services de sécurité du président de l’Assemblée nationale ont été interpellés pour “meurtre et complicité de meurtre”, selon le procureur de la République.

Que s’est-il exactement passé ? Emmanuel Béasngar, un proche de la victime, n’était pas sur place au moment du drame, mais rapporte les propos de témoins qui ont vu la scène, avec qui il s’est entretenu.

“Il faut qu’on fasse des auteurs de ce meurtre un exemple”

​​Bonheur, c’était mon ami d’enfance, depuis plus de vingt ans. On vivait dans le même quartier. Il était conducteur de taxi-moto. Lundi, il conduisait une fille du quartier qui voulait aller en ville. En fin de journée, vers 18 heures, le cortège du président de l’Assemblée nationale passait sur l’avenue Pascal Yoadimnadji.

Mais la circulation était très dense sur cet axe, comme d’habitude à l’heure où les travailleurs rentrent chez eux. Les sirènes du cortège ne suffisaient plus à faire libérer la chaussée, à peine assez large pour circuler dans les deux sens. L’escorte du président de l’Assemblée nationale a donc tiré pour effrayer les usagers de la route.

Bonheur, qui pourtant s’était arrêté sur le côté de la route pour laisser passer le convoi, a malheureusement reçu deux balles : une première dans l’abdomen et une seconde dans le dos. Ayant appris la nouvelle, je suis venu sur les lieux. Nous l’avons conduit ensuite à l’hôpital. Mais il perdait beaucoup de sang. Il est décédé des suites de ses blessures.

Lors d’une séance plénière au Parlement, le président de l’Assemblée nationale a expliqué qu’un des agents sécuritaires a dû tirer en l’air parce qu’un véhicule “a essayé de s’introduire dans l’escorte à deux reprises. Malheureusement, la balle a dû heurter un poteau [électrique] et est revenue frapper un passant”.

Ces explications ne soulagent pas la peine d’Emmanuel Béasngar.

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