“Deuk bi dafa Macky”,Oui Monsieur le Président, le peuple Sénégalais souffre en silence (Par Jules Sambou / APR)

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Monsieur le Président, sachez, que  mon éducation politique, celle que vous m’avez inculqué ne correspond pas « à apporter de fausses réponses aux vraies questions ». Elle ne saurait être, non plus, un étalage de doléances supplémentaires destinées à « tout casser », tout et le contraire de tout. Je crois en notre modèle républicain, celui qui fait la part belle à la démocratie, certes amendable mais ô combien respectable, car habité de belles vertus comme la justice et l’égalité. 

Monsieur le Président, laissez-moi vous dire que, si j’ai accepté de participer au combat pour le changement de régime en 2012, c’était pour une rupture des pratiques non catholiques du pouvoir qui était en place. Je rêvais d’un exerce du pouvoir dans la plus grande transparence, de comptes rendus publics de toutes les activités pour qui veut (presse, citoyens) des interventions visant à rendre encore plus limpide la très mal connue et donc très mal appréciée action publique.  

Laissez-moi vous dire, Monsieur le Président, que je ne reconnais plus le leader en qui je croyais, cette personne qui incarnait justice, équité et transparence. Ce monsieur visionnaire qui m’a séduit avec son yonou yokouté. Ce monsieur qui croyait au gain mérité d’un travail bien fait. Ce monsieur qui incarnait la justice et captivait à travers sa phrase bien connu « qu’il faille me renier pour survivre, je dis non ».   

Monsieur le Président, laissez-moi vous dire qu’aujourd’hui j’emprunterai votre phrase avec une autre tournure. « Qu’il faille me renier pour faire survivre vos amis et anciens compagnons du régime sortant, vos parents, vos gendres, votre famille, je dis non ».

Monsieur le Président, laissez-moi vous dire que le mérite du militant existe, les lobbyings ne feront qu’entacher la mission que vous vous êtes assigné. Ces milliers de militants qui ont affronté tous les dangers pour vous voir accéder à la magistrature suprême, laissés en rade, le regrettent amèrement. Je vous vous exhorte de réparer les torts faits à ces valeureux militants. 

Je me permettrais de rappeler la citation célèbre de Patrick Rothfuss« Les os finissent par se réparer, mais les remords vous tenaillent à jamais ». Réparer avant que remord ne naît. 

Monsieur le Président, laissez-moi vous dire que vos jeunes ne sont pas contents de vous, pourquoi recevoir un jeune qui a soit disant marché de Tambacounda à Dakar pour vous dire merci pour les multiples réalisations dit-il ? Alors qu’au même moment vos jeunes qui ont cheminé durant une décennie (ce qui ferait neuf chiffres si converti en kilomètres) avec vous, peinent même à avoir l’occasion de vous serrer la main. Recevez vos jeunes, de toutes les villes, communes et départements, et communiez  avec eux et rectifiez-vous, car ils ne méritent pas cela. 

Monsieur le Président, laissez-moi vous dire dans un autre volet, que mon Pays est tout simplement pauvre. Oui, pauvre, malgré des signes apparents qui tendraient à faire croire le contraire. Un des indicateurs qui expriment cette situation est la fameuse phrase du quotidien sénégalais « Deuk bi dafa Macky ». Oui Monsieur le Président, le peuple Sénégalais souffre en silence. 

Monsieur le Président, laissez-moi vous dire que vous voulez certes bien faire, mais vous ne le faites pas bien. Vous vous concentrez sur des investissements budgétivores, vous faites trop d’anticipation sur des ressources. Je suis désolé, cela ne nous mènera nulle part.  Qu’est ce qui peut expliquer que notre Etat ait actuellement des problèmes de trésorerie. Le pays a aujourd’hui des arriérés extérieurs et intérieurs que l’on doit à des pans entiers de notre économie. Sachant que les arriérés constituent la chose la plus difficile pour l’économie d’un pays, comment allons nous sortir de ce chaos économique? 

Monsieur le Président, laissez-moi vous dire que les Sénégalais se demandent à quoi sert le Haut Conseil des Collectivités Territoriales ? Une institution qui était dirigée par notre feu oncle et père Ousmane Tanor DIENG. Supprimez cette institution et utilisez ces ressources pour régler les problèmes urgent des sénégalais, car jusqu’à nos jours des sénégalais ne se soignent pas, des élèves sont dans des abris provisoires, des communes à se retrouvent toujours sans routes et bien d’autres urgences se signalent.   

Je me permets d’être la voix de ces nombreux sénégalais sans voix. Je ne suis pas du genre à solliciter pitié ou indulgence béate. Je suis de ces hommes de mon pays qui portent en eux le courage et la détermination indispensables pour participer collectivement au progrès indispensable de notre société. Je suis de ces hommes de mon pays à qui le mot responsabilité ne fait pas peur. Je suis de ces hommes de mon pays qui n’hésitent pas à se ceindre les reins. D’ailleurs, je prends toujours la peine d’assortir mes constats de propositions. 

Laissez-moi vous dire Monsieur le Président que c’est justement ce que j’ai eu envie d’exprimer. Et vous comprendrez aisément pourquoi je ne pouvais m’empêcher d’écrire ces phrases pour vous rappeler certaines choses. La situation est assez préoccupante pour mériter le temps juste et nécessaire. 

« Seul le dur est arable »a dit le poète. Alors, prenons le temps du fond, labourons avec audace. 

Je vous prie d’accepter, Monsieur le Président, l’expression de mon plus profond respect. 

Jules Sambou
Informaticien 
Militant de la Première heure de l’APR
Défenseur du peuple Sénégalais

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