Confidences : «Comment j’ai vécu avec l’infidélité de mon épouse pendant 15 ans»

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Après la mort par arrêt cardiaque, le jeudi 16 août 2021 de Moundor Sarr, surpris en pleins ébats avec son épouse, Ndiabé Fall, le mari cocu, Babacar Fall, est sorti de son mutisme. Le pêcheur, sur qui, certains citoyens de la commune de Joal avaient fini de pointer un doigt accusateur, comme étant le meurtrier de son rival, est revenu sur 15 années de souffrance causées par l’infidélité de sa femme qui entretenait une relation adultère avec le charretier marié à 3 épouses…

«Je  m’appelle Babacar Fall, j’ai 57 ans et je  suis pêcheur au port de Joal. Je suis originaire de Gandiaye, une localité de la région de Kaolack. C’est en 1974 que je me suis définitivement installé à Joal. Je suis effectivement l’époux de Ndiabé Fall, la dame qui a été surprise en pleins ébats avec son amant charretier, par la suite décédé d’un arrêt cardiaque. D’abord, pour commencer, je n’ai jamais cru à cette histoire d’agression au cours de laquelle, seul l’homme a été violenté par une bande de quatre (04) malfaiteurs, sous une forte pluie qui s’abattait sur Joal et environs.

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Pendant tout ce temps, il gardait toujours dans sa poche une importante somme d’argent. Il n’avait aucun signe de sévices corporels, encore moins d’égratignures. Le jour des faits, le mercredi 15 août 2021, comme à son habitude, sans prévenir, mon épouse, Ndiabé Fall, a quitté  le domicile conjugal, pendant la nuit pour, dit-elle, se rendre au port pour y travailler. Ce que je lui ai toujours interdit depuis des années, malheureusement en vain. Aux environs de 2 heures du matin, j’ai été réveillé par des vents violents, accompagnés de fortes précipitations secouant la grande porte de la maison. Et c’est au moment de refermer cette porte que j’ai interrogé une de mes filles qui me fit savoir que leur maman n’était toujours pas de retour.

Sans piper mot, je suis retourné au lit. Quelques minutes après, ma fille aînée est venue toquer à ma porte pour me dire d’aller répondre à sa maman qui est avec le charretier à la porte. Sur place, je tombe sur une scène indescriptible, insoutenable : Ndiabé Fall et Moundor Sarr, dont les habits étaient complètement mouillés suite aux fortes  précipitations, sont méconnaissables. J’allume ma torche et la braque sur le visage du charretier, tout en demandant à ma fille s’il s’agit bien de  Moundor. Il était prostré, respirant difficilement,  de la bave s’échappant de sa bouche. Sans plus tarder, j’ai réveillé mon fils aîné et trois (03) autres de nos voisins pour le mettre sur la charrette, puisqu’il était de forte corpulence, afin de le conduire au district sanitaire. Pour dire vrai, je n’ai pas pris place sur la charrette. J’en ai laissé le soin à mon fils aîné et à mes voisins. Par convenance personnelle, je suis retourné dans ma chambre.

Et même après l’annonce de son décès,  je ne suis pas allé à la maison mortuaire présenter  mes condoléances. Par contre, mon épouse a décidé de l’accompagner et est restée à son chevet jusqu’au petit matin. Alors que ses épouses, avisées par mon fils aîné, de son évacuation au district sanitaire, ne s’y sont présentées que le lendemain. Je rends grâce à Allah le Tout Puissant qui est toujours du côté de ceux qui s’arment de patience et de courage. Je suis un disciple d’El Hadji Ibrahima Niass qui ne s’attèle qu’à la lecture du Coran et autres préceptes de l’Islam. Je suis marié à cette dame depuis 1995, nous avons eu cinq (05) enfants et notre fille aînée est aujourd’hui âgée de 21 ans. Et jamais ma famille ne s’est plainte de quelque chose. J’ai durement gagné ma vie à la sueur de mon front pour nourrir et entretenir  convenablement mon épouse et mes enfants. J’ai toujours accompli mes devoirs d’époux et de père de famille, contrairement aux propos de mon épouse, selon qui, dans vos colonnes (L’Obs du vendredi 24 août 2021), je suis toujours absent du domicile conjugal.

La dépense quotidienne ainsi que la nourriture ne font jamais défaut chez moi.  Je sais ce que ma religion dit à ce propos. N’eut été l’autopsie du médecin légiste, à la suite de l’enquête menée par les forces de l’ordre qui m’ont lavé à grande eau, je serai aujourd’hui et à jamais la risée de tout Joal. J’ai surpris certains m’indexant comme étant le meurtrier de Moundor Sarr que j’aurais, par jalousie, tué à l’aide d’une  machette. Dieu est juste et a fait jaillir la vérité. Que n’ai-je pas fait ou dit pendant plusieurs années pour interdire à ma femme de fréquenter ce charretier et le travail nocturne au port de Joal. Tout comme sa propre mère et ses sœurs lui ont à maintes reprises, conseillé de mettre un terme à ses relations avec le défunt. Jamais elle n’a voulu nous prêter une oreille attentive.

Et voici aujourd’hui que Dieu a décidé d’intervenir. Et pourtant, il y a un (01) an, j’ai fait un rêve similaire à ce que nous vivons et où j’ai vu un violent incendie s’emparer de ma maison, avec un impressionnant dispositif sécuritaire, des gendarmes venus sur place. Et le lendemain matin, après en avoir discuté avec mes amis, j’ai fait préparer 7 bols de «Lakh» que j’ai donnés aux enfants en guise d’offrande. Je le redis : Dieu est juste et loyal. Et certainement, c’est pour honorer ma patience dans le silence, face à cette relation adultère entre deux individus mariés connue de Joal, qu’IL a réservé cette triste fin au charretier Moundor Sarr. Même à l’agonie, il a poursuivi ma femme jusque chez moi. Alors que sa famille est établie à Joal. Je me suis toujours résigné à la volonté divine, à ne jamais faire du tort à mon prochain.

Allah ne se trompe jamais. Pour ce qui est de notre cohabitation dans le domicile conjugal, seul Dieu sait ce qui adviendra. Car même si mes frères me demandent de ne pas la répudier, par égard pour les enfants, il faut reconnaître qu’en plus d’être malheureux, je suis énormément déçu et j’ai profondément mal.»

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