Cheikh Yérim Seck, le requin qui commençait à sentir l’étroitesse de l’aquarium dans lequel il s’était enfermé (Par Bathie Ndiaye)

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Que c’est « fâcheux » de voir de brillants écrivains, journalistes,éditorialistes, intellectuels … se transformaient sadiquement et sans scrupule  en larbins et laudateurs lorsqu’ils sont au contact du pouvoir. Sans les citer (Souleymane Jules Diop, Yakham Mbaye, Cheikh Yérim Seck, Ismaila Madior Fall et bien d’autres encore…).

Parmi eux, nombreux sont ceux qui se sont mués mué en ardent défenseur du chef de l’État, à des années-lumière de leurs enquêtes explosives sur le pouvoir sous les différents magistères de la République sénégalaise.

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Aujourd’hui, je vais m’intéresser particulièrement au dernier livre de Cheikh Yérim Seck (CYS):

MACKY SALL FACE À L’HISTOIRE

Passage sous scanner d’un pouvoir africain

Quand CYS utilise sa plume satanique pour saisir ce lieu depuis lequel un public constitué d’individus faisant usage de leur raison s’impose comme un tribunal devant lequel le pouvoir doit en permanence comparaître. De fait, il se tient à distance d’une lecture qui permettrait d’analyser les transformations sociales, politiques et culturelles induites par les réseaux sociaux. Son objectif est de provoquer un petit séisme dans la sphère politico-médiatique dans l’optique de retrouver la liberté publique qu’il a renié depuis qu’il s’est auto-enfermé dans une prison de retrait de l’opinion.

Pourtant, la perspective est parfois adoptée pour saisir les déclinaisons concrètes de la sphère publique contemporaine, qu’il s’agisse des supports médiatiques, des assemblées politiques, des colloques scientifiques ou encore des arènes de la démocratie participative. Sans que cela ne soit exclusif, je vais plus m’intéresser à ces dernières formes tant un « nouvel esprit de la démocratie » s’impose au gouvernement de l’action publique : concertation, consultation et débat public sont désormais des passages obligés de la décision. Ainsi, des citoyens ordinaires – individus sans titre, ni statut, ni mandat dans l’ordre de la décision, voire tenus à distance des libertés politiques trouvent leurs mots à dire et ils ont bien raison car les actions des pouvoirs publics peuvent impacter directement ou indirectement leurs vies.

Pour ne pas encaisser la déferlante des plateformes digitales entre avis « POUR ou CONTRE », CYS avait pris une décision surprenante : celle de se retirer de la vie publique surtout quand l’affaire de son fils accusé de viol a éclaté. Cela faisait plus de neuf mois que CYS n’avait pas fait parler de lui et les sénégalais aussi ont respecté sa décision.

Cependant, quand on est habitué à être sous les projecteurs et qu’un beau jour on décide d’aller s’enterrer quelque part, il arrive souvent qu’on se retrouve dans un vide sidéral qui déclenche chez l’individu un manque que je nomme « enveloppementalisme ». En gros, l’esthétique, en ce sens, consiste à se lover dans les plis de cette terre.

Si je reprends ici une expression que j’ai proposé pour bien saisir les arcanes de la postmodernité, c’est bien une éthique de l’esthétique qui est en gestation. En son sens strict, un lien s’élaborant à partir du partage de sa propre beauté et des émotions qu’elle ne manque pas de susciter.

C’est donc une éthique, parfois immorale, qui s’exprime dans les nombreuses effervescences ponctuant la vie sociale. Et l’on est bien là au cœur d’une esthétique qu’il convient de comprendre en son sens large. À savoir, celui du partage des passions et des émotions collectives.

Voilà en gros le manque qui a poussé CYS à se déterrer de son trou. Pour y arriver, il pensé qu’un ouvrage pourrait être la clé qui pour le délivrer de la prison du silence dans laquelle il s’est auto-enfermé après avoir déclaré son retrait de l’espace public.

Malheureusement pour lui, il a loupé le coche car son livre a fait un flop total sur les réseaux sociaux. Les avis sont négatifs et se cognent à l’auteur dont les écrits ont perdu toute crédibilité depuis qu’il a commencé à s’acharner avec ardeur sur Ousmane Sonko jusqu’à même tenir des propos mensongers à son égard.

Une sorte de complexe a envahit l’esprit de CYS car, comme beaucoup, Ousmane a ravi la vedette à tout le monde dans la sphère politico-médiatique. Maintenant, c’est lui la STAR, le chouchou du public, tout ce qu’il touche se transforme en Or… voilà la réalité et ceci n’est que l’œuvre de DIEU.

Par ailleurs, n’oublions pas aussi que CYS a toujours qualifié le parti PASTEF d’insignifiant sur l’échiquier politique et ceci a commencé après la radiation de Sonko. Si vous vous souvenez, il a été même négativement tranchant lors de la présentation du deuxième livre d’Ousmane Sonko « Solutions pour un Sénégal nouveau ». Il lui avait posé des questions sur son origine ethnique, sa confrérie (s’il était ‘ibadou’ vu que ses épouses portaient le voile entre autres questions merdiques de ce genre…).

Pour son livre au titre pourtant accrocheur, il a loupé le coche. Au lieu de faire un scanne du magistère de Macky Sall comme le dénote le titre, il s’est permis de pondre des montagnes mensongères à l’endroit d’honnêtes citoyens, à parler de leur vie privée. A sa place, je me serai limité à une analyse stricto-politique, parler des scandales financiers, de la promesse d’une gestion sobre et vertueuse qui est finalement devenue « sombre et tumultueuse », de l’hémicycle sous cette nouvelle casquette de cohabitation, des enjeux des présidentielles à venir, de l’exploitation prochaine de nos ressources naturelles entre autres sujets importants mais voilà il s’est retrouvé aux fonds des abysses tel un navigateur intrépide qui vogue sur la mer des contradictions humaines non pas pour en adoucir les travers mais tel un missionnaire mandaté pour jouer l’incendiaire.

Parler d’Ousmane Sonko, de Capitaine Touré, d’un tel ou d’un tel ayant joué ou impliqué dans l’affaire « Sweet beauty », est-ce une stratégie commerciale pour faire le buzz  afin de mieux vendre son livre ? Si c’était l’objectif visé, je peux dire qu’il est passé à côté car l’ouvrage est tombé sur ce qu’on appelle le bad buzz poussant certains à déclarer boycotter l’acquisition de l’ouvrage et d’autres a tout simplement désister à le lire.

Quel toupet de parler de cette sordide affaire qui a déjà couté la vie à quatorze de nos concitoyens dans un contexte tendu, une année électorale décisive ! Le pire, c’est quand le discours est ciblé. Les sénégalais n’ont pas fini de souffrir avec cette affaire que personnellement j’ai renommé « l’affaire de la gourgandine de la ré-poub-lik ».

Dans ce pays truffé d’hypocrites, de menteurs, de faux-semblants, il existe dans le cercle de ceux nommés « forces vives de la Nation » des silenciaires officiels qui gardent souvent le silence à l’heure où seule la parole apaise. Si l’on dit cela en termes contemporains, il s’agit de la conspiration du silence, écartant sournoisement toutes les analyses rappelant que l’on ne saurait réduire le grand désir de vivre, en son aspect qualitatif, au mesquin besoin en ses limites quantitatives.

D’autres dans ce même cercle « des forces vives » jouent pleinement leurs rôles : faire taire les perturbations et rétablir l’ordre.

Plusieurs mots, plus ou moins judicieusement employés, rendent compte de la nécessité de revenir sur ce qui fonde le lien social. Ainsi celui de « crise ». Voilà un terme passe-partout, ponctuant aussi bien les discours politiques que l’article journalistique, et que l’on entend fréquemment dans les conversations (dépression économique, trouble moral ou physique, situation tendue dans le domaine politique ou institutionnel entre autres…). On pourrait multiplier à loisir les définitions et champs d’application de ce mystérieux ectoplasme qu’est la crise.

Je dirais pour ma part qu’au travers de ce terme se dit la nécessité du périodique retour « ad integrum », retour aux fondamentaux. À certains moments, une société n’a plus conscience de ce qui l’unit et, dès lors, elle n’a plus confiance dans les valeurs qui assuraient la solidité du lien social.

En somme, retenez-bien que la confusion des mots finit toujours par entraîner celle des choses. Comme toutes ces banalités qu’il est important de rappeler, on est au seuil d’une ère nouvelle. Et il est vain de vouloir rafistoler les idéologies élaborées aux temps passés et dont nous fûmes, dans tous les sens du terme, irradiés. Oui, il faut bousculer les idées rancies, rejeter les analyses apprêtées et quelque peu maussades. En bref, se dessiller les yeux.

Tout en sachant que cela n’est pas chose aisée car, en particulier de nos jours, l’on confond l’opinion publique et l’opinion publiée. La première est bien une opinion, mais elle se veut savoir, expertise, voire science. Alors que la seconde est consciente de sa fragilité, de sa versatilité, en bref de son humanité.

Il faut s’agir à temps pour éviter le chaos. A la question qu’est-ce que donc que le chaos, j’avais répondu que c’est la somme des frustrations et des colères qui bouleverse l’ordre. Il est souvent engendré par l’injustice et le manque de tact.

Alors dites à Macky Sall que l’injustice appelle la révolte, le contournement des lois. C’est un environnement instable qui conduit au chaos.

A bon entendeur…

Bathie Ndiaye

Ingénieur Géomaticien Spécialisé en développement territorial Expert certifié en Sécurité, Gestion de crise

et Cartographie opérationnelle.

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