CAN 2019: Aliou Cissé, rasta et phare du Sénégal

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A 43 ans, Aliou Cissé est devenu le deuxième entraîneur de l’histoire du foot sénégalais à qualifier les Lions en finale de la CAN après Bruno Metsu en 2002. Joueur, il a été le guide et capitaine de la « génération El Hadji Diouf». Aujourd’hui sélectionneur, Cissé pourrait devenir (si ce n’est déjà fait) l’homme le plus important du foot sénégalais s’il gagne la Coupe d’Afrique des nations vendredi 19 juillet face à l’Algérie.

2002: Aliou Cissé, rastas courts, est capitaine de l’équipe du Sénégal qui joue sa première finale de la CAN (perdue au tirs au but) devant le Cameroun. La même année, il est aussi le capitaine des Lions qui battent la France, championne du monde en titre (1-0) en match d’ouverture de la Coupe du monde, pour leur première participation à un Mondial.

2018: Aliou Cissé, rastas longs, est l’entraîneur du Sénégal qui se qualifie pour la deuxième fois de l’histoire à la Coupe du monde. Un an plus tard, il est toujours le sélectionneur qui conduit les Lions à leur deuxième finale de la CAN 2019 qu’ils vont disputer vendredi 19 juillet face à l’Algérie (19h TU).

Un tel destin vous pose-t-il un homme, un talent, un caractère ? Tout cela certainement. Chez Aliou Cissé, il ne semble pas y avoir de hasard, l’homme fait bien les choses. Son mandat de capitaine avec les Lions parle pour lui, mais moins que son bilan en tant que sélectionneur du Sénégal depuis sa prise de fonction en mars 2015 au lendemain de la non reconduction du contrat d’Alain Giresse éliminé avec le Sénégal au premier tour de la CAN. Après plus de quatre ans à la tête des Lions et avant la finale contre l’Algérie, Aliou Cissé affiche 33 Victoire en 51 matches pour 6 défaites et 12 matches nuls.

«Yaya Jammeh…»

C’est en grande partie pour ses qualités de meneur d’hommes, comme lorsqu’il était capitaine que Cissé a été choisi pour donner plus de caractère à un groupe talentueux. L’ancien joueur a imposé dès son arrivée le triptyque : sérieux, discipline, et surtout rigueur au point d’être surnommé «Yaya Jammeh » (ex-dictateur gambien) par les joueurs lors de ses premiers mois à la tête des Lions.

Pendant quatre ans, l’ancien sélectionneur des moins de 23 ans sénégalais a progressé en même temps que son équipe, a évolué, et lâché du lest. « Forcément, le Aliou Cissé de 2015 n’est pas le Aliou Cissé de 2019, avoue-t-il.  Il faut évoluer sur beaucoup de choses tout en gardant ses principes et ses convictions. Je connais bien mon groupe, certains depuis les JO 2012. J’ai un discours honnête et des choix honnêtes. Les joueurs savent qu’ils ont des droits, mais ils ont plus de devoirs. » Certains comme Diafra Sakho, Khadim Ndiaye, voire Kara Mbodji l’ont oublié, ils ne sont plus revenus en sélection…

 Contesté après la Coupe du monde par une partie des membres de la Fédération sénégalaise, vertement critiqué par son ancien coéquipier en sélection, El Hadji Diouf («Tant que cette équipe aura come sélectionneur Aliou Cissé, elle n’ira nulle part »), Aliou Cissé fait désormais l’unanimité avant cette finale face à l’Algérie. Les détracteurs d’hier se sont rangés derrière lui. El Hadji Diouf après la qualification en finale : «On doit continuer cette union sacrée derrière l’équipe, que tout le Sénégal reste debout comme un seul homme pour aller chercher ce trophée».

Depuis un moment, Aliou Cissé, le « Didier Deschamps sénégalais » pour certains, est déjà entré dans l’histoire du foot sénégalais, l’éternité l’attend vendredi 19 juillet face à l’Algérie en finale de la CAN 2019 au Caire.

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