Agressions en plein jour : quand les malfaiteurs sèment le bordel sans être inquiétés

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Malgré le travail de titan que les forces de défense et de sécurité font au quotidien, les agressions continuent de perturber le sommeil des citadins. Dans certains quartiers de Dakar, comme ce fut le cas de Diamagueune hier, l’insécurité devient inquiétante surtout lors des jours où des combats de lutte se tiennent à l’Arène nationale.  Comme pour narguer les gendarmes et policiers, ces jeunes agresseurs opèrent en plein jour et s’attaquent à tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, qui ont la malchance de porter par devers eux des objets de valeur.

Lors de son installation en tant que nouveau Commandant de la Gendarmerie, le 2 juillet dernier, le Général  Moussa Fall avait clairement exprimé sa résolution de s’attaquer à l’insécurité dans toutes ses formes. Malgré toute la solennité, sa déclaration semble ne produire aucun effet pour le moment, au vu de ce qui se passe dans certains quartiers de Dakar. Les agressions persistent et nonobstant toute la publicité-communication faite dans les réseaux sociaux, par ceux qui en ont été victimes ou témoins, aucune arrestation ou opération n’a été notée. Qui pis est, certaines allégations laissent gravement apparaitre une « démission » de certains préposés à la  sécurité puisque de tels forfaits se  seraient déroulés  sous  leur présence.

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La journée du dimanche 4 juillet a été particulièrement difficile  pour les habitants du quartier Diamagueune et environs. Des agresseurs, dopés  certainement par le fait que les rues soient désertes pour journée non ouvrable et profitant de l’absence ou de la réaction tardive des forces de sécurité, interpellent d’honnêtes citoyens et les dépouillent de tous biens. Quand bien même on est un dimanche, et considérant la survenance répétée de telles scènes, il ne serait pas acceptable que la Police  et ou la Gendarmerie réponde par leur absence aux appels au secours des usagers. La sécurité qui reste du domaine public, et relève des prérogatives les plus sensibles d’un Etat sérieux, doit être pleinement exercée par celui-ci qui détient l’exclusivité de la Force et de la violence légitime.

Ce qui fait le plus mal, c’est que des agressions pareilles n’ont de cesse de survenir, et souvent dans la capitale qui devait être le lieu le plus en sécurité du pays. A n’en point douter, le nombre d’éléments des forces de l’ordre intervenant à Dakar dépasse de loin celui des autres villes. Paradoxalement, c’est là que les populations souffrent le plus de ce mal endémique que sont les agressions. Est-il besoin de rappeler le meurtre de l’étudiante Lotaly Mollet et celui récent de Patrice Gomis à Grand-Yoff? Ces cas de meurtre sont justement l’arbre qui cache la forêt des agressions, et très souvent, tant qu’il n’y a pas de mort, les populations ne s’en émeuvent qu’à peine, et les autorités considèrent qu’il n’y a pas forcément lieu de s’alarmer. Pourtant, chacune d’entre elles détient en quelque sorte sinon une sécurité privée, des nervis qui non seulement les défendent mais aussi s’en prennent aux faibles qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Au moment où la loi relative au terrorisme  continue de faire jaser, l’impératif devrait être de mettre hors d’état de nuire ces petits brigands qui prennent en otage la quiétude des citoyens. A l’approche de la grande fête de Tabaski, et comme à l’accoutumée, ces jeunes ne se priveront naturellement pas de ce qu’ils savent le plus faire pour faire joindre les deux bouts. S’il est vrai qu’une sécurité à cent pour cent n’existe pas, même pas aux Etats-Unis décris souvent à tort comme le pays le plus sûr et la France de plus en plus sujette à des attaques, il est plus inacceptable de voir de jeunes bandits brandir des armes blanches en pleine journée et agissent pendant des heures sans que la police ne fasse une descente dans la zone indiquée.

Les responsables de la sécurité urbaine doivent prendre les mesures nécessaires pour qu’un pareil bordel ne soit pas imposé aux populations à chaque fois qu’il y a combat de lutte. Ils sont mieux informés que quiconque et savent quand et comment ces aimants de l’argent facile agissent. L’Etat doit mesurer la pleine gravité de la situation et corser les peines pour ces malfaiteurs associés et qui sèment la chienlit partout dans la capitale.

Senenews

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