A Thionokh, des femmes accouchent dans des voitures “Wopou yaha”, faute d’ambulance !

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Pour mettre fin aux accouchements en pleine brousse dans les véhicules «Wopou Yaha», les habitants de Thionokh plaident pour la mise à disposition d’une ambulance au poste de santé de leur village distant de centaines de kilomètres des centres de santé de référence à savoir Koungheul, Touba, Ranérou, Linguère.

A Thionokh, dans le département de Ranérou à Matam, on croise toujours les doigts pour que les parturientes accouchent dans le poste de santé de la localité. Malheureusement, tel n’est toujours pas le cas. Des femmes continuent de mettre au monde des enfants en pleine brousse au cours d’une évacuation sanitaire. La situation dans le poste de santé de Thionokh, surtout avec le problème de l’ambulance en panne depuis près d’une année, indispose les femmes en travail présentant des complications sanitaires. Le village se trouve dans une zone très enclavée sans route ni piste.

Pour l’évacuation des femmes à terme avec des complications gynécologiques, «on se rabat sur les charrettes qui parcourent 15 kilomètres avant de pouvoir prendre une voiture «Wopou Yaha». Un type de véhicule L 200 transformé en voiture de transport en commun avec des bancs transversaux servant de places qui facilitent le transport des malades dans les centres de santé de référence comme celui de Koungheul distant de 85 kilomètres de Thionokh si on ne fait pas 155 kilomètres pour rallier Ranérou, 150 kilomètres pour Touba ou 132 kilomètres si c’est pour aller jusqu’à Linguère. Conséquences: des femmes accouchent en cours de route risquant ainsi leurs vies et celles de leurs bébés. L’ambulance est tombée en panne depuis presque un an, et le poste de santé de Thionokh est obligé de se rabattre sur le poste de santé de Mbem Mbem à 50 kilomètres pour trois heures de temps de route avant d’accéder au poste de santé de Thionokh.

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Khalilou Kâ, étudiant à l’université Alioune Diop de Bambey qui porte le combat de ces femmes qui accouchent dans «ces situations inhumaines» plaide pour l’octroi d’une ambulance au poste de santé de son village, Thionokh, qui a une population de 7356 habitants. Son poste de santé polarise plus de 36 villages officiels et des hameaux, selon notre interlocuteur qui renseigne que chaque année, ce sont quelques 330 grossesses attendues au niveau de la structure sanitaire dont au moins 27 accouchement par mois. Ici, les parturientes ne sont assistées que par une seule sagefemme et un seul infirmier d’Etat. Khalilou Kâ plaide ainsi pour la disponibilité d’une ambulance à Thionokh comme, dit-il, on a récemment eu à le faire avec le poste de santé de Vélingara Ferlo qui serait resté 6 mois sans infirmier chef de poste avant que le ministre ne mette récemment un infirmier chef de poste à leur disposition. D’après les dires de cet étudiant en Master 1 en ingénieur du développement territorial à l’université Alioune Diop de Bambey, Thionokh n’est que la face visible de l’iceberg. Le département de Ranérou ne dispose que d’un seul centre de santé «plus malade que ses malades».

Du coup, «certaines populations ne bénéficient pas de soins de santé» comme ce fut récemment le cas à Vélingara Ferlo resté six mois durant sans infirmier chef de poste. Ce n’est pas tout, certains villages ayant une démographie importante ne disposent toujours pas de postes de santé. Selon le porte-parole des jeunes de Thionokh, le département de Ranérou réclame un hôpital de niveau 2 dans la zone frontalière à d’autres régions. Ce, dit-il, pour soulager un peu la population de la commune de Vélingara qui se déplace jusqu’à Linguère, Koungheul ou même Kaffrine pour pouvoir bénéficier de soins de qualité.

Le Témoin

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