À quoi ressemblerait un vaccin contre la Covid-19 ?

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L’éventuel vaccin conçu par l’entreprise française Valneva, qui sera fabriqué en Écosse, est un vaccin inactivé. S’il s’avère efficace pour nous protéger du SARS-CoV-2, cela pourrait certainement contribuer à réduire la propagation du virus.

Dans ce cas, des rappels seraient sans doute nécessaires, peut-être sur une base annuelle, afin de garantir la pérennité de la mémoire immunitaire. En cas d’épidémie, toutes les personnes présentes dans le secteur infecté pourraient recevoir une dose du vaccin afin de limiter la transmission.

Une autre conception de vaccin consiste à extraire le code génétique de la partie du virus dont on sait qu’elle stimule une réponse immunitaire, et de l’introduire dans un organisme porteur qui ne peut pas causer de maladie.

Le vaccin de l’hépatite B utilise le code de l’antigène que l’on retrouve à la surface des particules infectieuses du virus. Ce code a été introduit dans le génome d’une levure inoffensive pour fabriquer un vaccin. Au fur et à mesure de son expansion, la levure se divise, communique ses propriétés antigènes à la surface du virus, et incite donc le corps à provoquer une réponse immunitaire continue. Administré en trois doses sur une période de six mois, ce vaccin nécessite un rappel après cinq ans environ pour la plupart des individus.

Le vaccin de la COVID-19 développé par l’équipe de l’université d’Oxford et dont les résultats initiaux sont prometteurs, utilise en gros cette approche, puisque les chercheurs ont extrait le code de la protéine de spicule du SARS-CoV-2 pour la greffer dans un vecteur de virus inoffensif.

Il est donc possible que le calendrier initial pour toute personne traitée par ce type de vaccin implique une ou deux doses de rappel quelques mois après la première prise, comme c’est le cas pour le vaccin de l’hépatite B. Nous ne sommes pas certains de la durée immunitaire dans le cas de la COVID-19 dans le cadre de cette stratégie, mais elle pourrait se mesurer en termes d’années par analogie avec l’hépatite B. Cela pourrait suffire à circonscrire la propagation de la SARS-CoV-2.

Le besoin d’un vaccin de rappel ne devrait pas faire obstacle au déploiement des vaccins anti COVID-19, comme l’a démontré la prévention de l’hépatite B, des RRO, et de la grippe.

Mais cela nécessitera un effort concerté afin de fabriquer les milliards de doses de vaccin et de les distribuer efficacement et équitablement sur l’ensemble de la planète. Tous les pays devront implanter un programme de vaccination solide afin de s’assurer que tous reçoivent une première dose, et de mener une campagne de rappel pour les secondes et troisièmes doses si nécessaire. Il est tout aussi important de suivre la réponse immunitaire des personnes traitées afin de confirmer que le rappel fonctionne comme prévu.

Si nous réussissons, l’immunisation contre la COVID-19 pourrait devenir aussi banale dans notre routine sanitaire que le fait de se rendre régulièrement chez le dentiste.

The conversation avec Lesoleil.com

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