9 juillet 1922 : Rappel à Dieu du grand érudit Tidiane, El Hadji Abdoulaye Niasse

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Figure emblématique de la Tidianiya, El Hadji Abdoulaye Niasse a beaucoup contribué à sa vulgarisation au Sénégal et dans la sous-région.

Au prix de sa vie et du confort, le grand érudit dut faire face à l’administration coloniale qui était hostile à ses activités au point de le soupçonner pour incitation à la révolte. Malgré tout, Mame Aladji comme l’appellent affectueusement ses disciples restera fidèle à ses principes (l’islam et la voie Tidiane) jusqu’au 9 juillet 1922, date de sa disparition. 

Né en 1844 à Béli dans le Djolof, El Hadji Abdoulaye Niasse sera vite initié dans l’enseignement islamique. Ainsi va-t-il maîtriser le Coran dès sa prime jeunesse sous l’aile protectrice de son père Cheikh Mouhamed Niass. Ce saint homme, père d’El Hadji Abdoulaye, aura fondé le village de Niassène dans le Rip en 1865 pour contribuer aux côtés de Maba Diakhou Ba au projet de jihad contre la colonisation. 

Fils unique de son père, El Hadji Abdoulaye entendra perpétuer son œuvre et préserver les liens que son père et guide religieux entretenait avec ses pairs. C’est ainsi qu’il va s’adonner à l’agriculture, à l’enseignement des sciences islamiques et sera de surcroît un résistant culturel avec principal allié Saer Maty Ba, fils et remplaçant de Maba Diakhou Ba. Ainsi donc, l’alliance des pères définit et influe sur la vie des fils ; c’est cela le sens de la loyauté et de la fidélité. 

A partir de 1890, date de pèlerinage à la Mecque du grand érudit, l’œuvre d’El Hadji Abdoulaye devient plus intéressante. Le Cheikh revient de ce lieu saint avec le titre de haadj mais aussi, profitant de son passage à Fez et Alexandrie, il renforce sa compréhension de la charia sur certains points notamment le caractère obligatoire ou non de la zakat sur l’arachide. De retour de la Mecque en 1901, Mame Aladji est accusé par l’administration coloniale d’incitation aux troubles. Son village, Taïba, est détruit par les colons qui mettent le feu à sa mosquée et sa bibliothèque. 

Pour sauver sa religion et son école, ce grand soufi de la Tidianiya se réfugie en Gambie. Il paie ainsi son indocilité face à l’endoctrinement des colons et leur projet d’assimilation. D’ailleurs, El Hadji Abdoulaye va non seulement refuser de participer à l’effort de guerre pour la France (1914-1918) mais aussi il va catégoriquement s’abstenir d’envoyer un de ses fils à l’école française comme il était de coutume. En 1910, grâce à la médiation de son ami Cheikh El Hadji Malick SY, l’administration coloniale l’autorise à revenir s’installer de nouveau dans son pays. 

De retour de la Gambie, El Hadji Abdoulaye Niasse va s’installer définitivement au quartier Léona de Kaolack et verra son aura s’accroître considérablement. Il y construira une zawiya qui sera fréquentée par des hommes et femmes venus d’horizons divers. Grâce à son dévouement total à son Seigneur, le père de Cheikhal Islam Cheikh Ibrahima Niasse va connaître des disciples au-delà du Sénégal, au Soudan, en Gambie, au Niger, Nigeria et j’en passe. Grâce à son travail, la communauté des Niassène compte maintenant des millions d’adeptes. Il rejoint de Seigneur aujourd’hui 9 juillet 1922. 

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