60 ans de l’APS : la mutation institutionnelle et la digitalisation au cœur des débats

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La célébration des 60 ans de l’Agence de presse sénégalaise (APS), mardi, a été l’occasion de plancher sur la perspective de la mutation institutionnelle de ce média public d’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) à Société nationale.


L’APS reste « un puissant levier » dans un contexte marqué par la désinformation, a souligné le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop.

En tant que « grossiste de l’information », elle « représente assurément un puissant levier, un relai irremplaçable, fiable et crédible de l’information en particulier dans un contexte numérique marqué par la désinformation », a-t-il déclaré.

Abdoulaye Diop s’exprimait à l’ouverture de la cérémonie de célébration des 60 ans de l’APS, créée le 02 avril 1959 sur ordonnance du président du Conseil d’alors, Mamadou Dia.

L’évènement a été marqué par une exposition retraçant l’histoire de l’agence, le baptême de la salle de rédaction qui porte désormais le nom de feu Alpha Sall, un ancien de la maison et un panel sur le thème : « Les enjeux de la mutation institutionnelle et le nouveau paradigme de la digitalisation ».

L’APS « a la culture de changement pour réussir sa mutation institutionnelle en s’adaptant à la digitalisation », afin de mieux se positionner et pour arriver à « plus de rentabilité », a déclaré l’ancien contrôleur d’Etat à la présidence de la République, Pape Ibrahima Bèye.

Dans cette perspective, il a beaucoup insisté « sur la nécessité d’établir un dialogue entre le top manager et le personnel », soulignant qu’on « ne peut pas parler de mutation ou de stratégie de développement s’il n’y a pas de consensus sur la démarche stratégique à adopter ».

’’C’est quelque chose de très important (…) », a-t-il insisté, estimant que c’est également « important de mettre l’accent sur le fait que l’APS doit être une agence de presse stratège et durable au service des Sénégalais ».

’’C’est aussi une mise en scène de la culture du service public et de la culture du changement parce que souvent, on pense que gérer une mission de service public c’est être statique, attendre des subventions », a-t-il relevé. 

Pour Ousseynou Fall, contrôleur financier à la présidence de la République et membre du Conseil d’administration de l’APS, l’agence « doit avoir la possibilité de s’envoler de ses propres ailes en utilisant des modèles et des mécanismes que l’Etat mettra à sa disposition pour se rendre un peu plus indépendant ».

Selon lui, la mutation en société nationale va permettre à l’agence d’avoir un peu plus de souplesse dans l’exécution de ses opérations, une mobilisation de ressources, un accès beaucoup plus facile à la trésorerie et des perspectives d’évolution.

Le Conseil des ministres a adopté en septembre dernier le projet de loi autorisant la création de la Société nationale « Agence de presse sénégalaise » (SN APS).

Le processus portant sur la mutation institutionnelle de l’APS d’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) à Société nationale s’inscrit dans le cadre des instructions du président de la République.
 

En janvier 2018, Macky Sall avait instruit le gouvernement en conseil des ministres d’ »accélérer le processus de modernisation » de l’APS, alors confrontée à des problèmes structurels et des difficultés de fonctionnement.

Le directeur général de l’APS a salué un « travail de dur labeur engagé (…) avec autant de difficultés que de réussites ».

’’Malgré de réels obstacles, l’APS n’a jamais courbé l’échine et a pu se distinguer » dans l’espace francophone, a-t-il dit.

Il a ainsi invité les députés à adopter avec le projet de loi portant création de la société nationale SN-APS, afin de donner à l’Agence « la place qu’elle mérite dans le paysage médiatique national ».

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