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Au deuxiรจme trimestre 2025, les recettes budgรฉtaires du Sรฉnรฉgal ont atteint 2 226,3 milliards de francs CFA, marquant une progression remarquable de 16,3% par rapport ร la mรชme pรฉriode de 2024. Cette performance s’appuie essentiellement sur la dynamique des recettes internes, qui ont gรฉnรฉrรฉ un surplus de 352 milliards de francs CFA par rapport ร l’annรฉe prรฉcรฉdente.
Les recettes fiscales constituent le pilier de cette croissance, reprรฉsentant 2 090,4 milliards de francs CFA, soit plus de 96% des recettes totales. Cette hausse de 16,8% est portรฉe notamment par les impรดts directs, dominรฉs par l’impรดt sur le revenu qui a rapportรฉ 410,2 milliards de francs CFA et l’impรดt sur les sociรฉtรฉs avec 392,3 milliards de francs CFA. Parallรจlement, les recettes non fiscales ont connu une expansion spectaculaire de 79,6%, atteignant 116,6 milliards de francs CFA grรขce ร un meilleur recouvrement des dividendes, amendes et produits du domaine de l’รtat.
En revanche, les recettes extรฉrieures confirment leur dรฉclin amorcรฉ depuis le premier trimestre. Elles se sont limitรฉes ร 19,3 milliards de francs CFA contre 59,1 milliards un an plus tรดt, soit un effondrement de 67,3%. Cette chute, qui touche les financements de la Banque mondiale, des investisseurs internationaux et de la KfW, illustre la volatilitรฉ des flux financiers internationaux dans un contexte gรฉopolitique incertain et d’ajustements avec les partenaires techniques et financiers.
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Les dรฉpenses totales ont atteint 2 814,6 milliards de francs CFA au deuxiรจme trimestre 2025, en hausse significative de 22,07% par rapport ร 2024. Cette progression de 508,9 milliards de francs CFA s’explique principalement par l’explosion des dรฉpenses ordinaires, qui ont augmentรฉ de 30,4% pour atteindre 2 232,7 milliards de francs CFA.
L’รฉlรฉment le plus marquant de cette รฉvolution concerne les charges financiรจres de la dette publique, qui ont bondi de 138,3% pour s’รฉtablir ร 501,1 milliards de francs CFA contre 210,3 milliards en 2024. Cette explosion du service de la dette tรฉmoigne de l’alourdissement de l’endettement public et de ses consรฉquences sur les finances de l’รtat. Les dรฉpenses de personnel, reprรฉsentant 724,1 milliards de francs CFA, constituent toujours un poste important mais leur croissance reste maรฎtrisรฉe ร 3,3%.
Les transferts courants, qui s’รฉlรจvent ร 844,9 milliards de francs CFA, rรฉvรจlent des prioritรฉs budgรฉtaires concentrรฉes sur les affaires รฉconomiques qui captent 57,8% de ces transferts. Les subventions au secteur de l’รฉnergie occupent une place prรฉpondรฉrante avec 370 milliards de francs CFA, illustrant l’effort de l’รtat pour soutenir ce secteur stratรฉgique dans un contexte de tensions sur les prix internationaux.
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Paradoxalement, alors que les dรฉpenses ordinaires s’envolent, les dรฉpenses en capital stagnent ร 581,9 milliards de francs CFA, soit une lรฉgรจre baisse de 2% par rapport ร 2024. Cette situation masque cependant des รฉvolutions contrastรฉes selon les sources de financement.
Les investissements exรฉcutรฉs directement par l’รtat sur ressources internes s’effondrent, passant de 42,6 milliards de francs CFA en 2024 ร seulement 11,9 milliards en 2025, soit une chute de 72,1%. Ces investissements ne couvrent dรฉsormais que 8% des prรฉvisions inscrites dans la loi de finances rectificative 2025 et se concentrent principalement sur l’ordre et la sรฉcuritรฉ publique. Les transferts en capital connaissent รฉgalement une forte contraction de 40,6%, passant de 294,6 ร 174,8 milliards de francs CFA.
ร l’inverse, les dรฉpenses en capital financรฉes sur ressources externes progressent nettement de 54%, atteignant 395,2 milliards de francs CFA contre 256,6 milliards un an plus tรดt. Ces financements extรฉrieurs constituent une bouffรฉe d’oxygรจne budgรฉtaire, permettant au Sรฉnรฉgal de maintenir ses projets de dรฉveloppement malgrรฉ les contraintes sur les ressources internes.
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Dans ce contexte budgรฉtaire tendu, le Fonds national de retraite conserve une situation excรฉdentaire au deuxiรจme trimestre 2025. Les recettes ont atteint 91,2 milliards de francs CFA, portรฉes par l’accroissement du nombre de cotisants qui a progressรฉ de 11 872 personnes en glissement annuel. Cette hausse concerne tant le rรฉgime de base (78,5 milliards de francs CFA) que le rรฉgime complรฉmentaire (12,7 milliards de francs CFA).
Les dรฉpenses du fonds se sont รฉlevรฉes ร 78 milliards de francs CFA, en hausse modรฉrรฉe de 2,8 milliards par rapport ร 2024, reflรฉtant l’augmentation du nombre de pensionnรฉs qui atteint dรฉsormais 75 659 individus. Le solde excรฉdentaire ressort ainsi ร 13,2 milliards de francs CFA, en lรฉgรจre amรฉlioration par rapport aux 12,4 milliards de 2024, tรฉmoignant de la robustesse de cette gestion malgrรฉ les dรฉfis dรฉmographiques ร venir.
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L’analyse des indicateurs de performance budgรฉtaire rรฉvรจle une situation contrastรฉe mais globalement prรฉoccupante. Le solde budgรฉtaire affiche un dรฉficit de 588,3 milliards de francs CFA, en aggravation de prรจs de 200 milliards par rapport au dรฉficit de 391,75 milliards enregistrรฉ en 2024. Cette dรฉtรฉrioration confirme les tensions croissantes sur les finances publiques et soulรจve des questions sur la soutenabilitรฉ budgรฉtaire.
Le taux de couverture des dรฉpenses par les ressources internes recule sensiblement, passant de 83,01% en 2024 ร 79,1% en 2025. Cette baisse signale une dรฉpendance accrue aux financements extรฉrieurs et ร l’endettement pour combler les besoins de financement de l’รtat. Seul point positif, le taux d’exรฉcution budgรฉtaire progresse lรฉgรจrement pour atteindre 44,22% contre 41,66% un an plus tรดt, traduisant une meilleure mise en ลuvre des prรฉvisions budgรฉtaires malgrรฉ le contexte difficile.
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L’examen de la situation budgรฉtaire du Sรฉnรฉgal au deuxiรจme trimestre 2025 rรฉvรจle un double dรฉfi. D’un cรดtรฉ, la robustesse des recettes internes tรฉmoigne de l’efficacitรฉ de l’administration fiscale et limite la dรฉpendance aux appuis extรฉrieurs. De l’autre, l’explosion des charges ordinaires, particuliรจrement le service de la dette et les transferts au secteur รฉnergรฉtique, accentue la rigiditรฉ budgรฉtaire et pรจse sur les รฉquilibres financiers.
Le creusement du dรฉficit budgรฉtaire ร 588,3 milliards de francs CFA, conjuguรฉ au recul du taux de couverture, traduit une fragilitรฉ structurelle dans le financement de l’action publique. Cette situation appelle ร une stratรฉgie budgรฉtaire plus รฉquilibrรฉe, fondรฉe sur le renforcement de la soutenabilitรฉ de la dette, la maรฎtrise des charges rรฉcurrentes et la relance des investissements domestiques productifs.
ร moyen terme, la consolidation des finances publiques nรฉcessitera une mobilisation accrue des recettes, une meilleure allocation des ressources et une optimisation de la gestion des transferts et subventions. Ces rรฉformes constituent des conditions indispensables pour soutenir la trajectoire de croissance du Sรฉnรฉgal et renforcer sa rรฉsilience รฉconomique face aux chocs externes.
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