La politique du « wax waxeet », l’autre virus à combattre au Sénégal (Par Yero Guisse)

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“Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air.” Cette assertion de George Orwell écrivain, essayiste et journaliste britannique traduit parfaitement l’image de la politique au Sénégal, telle qu’elle est pratiquée depuis une décennie.

Les hommes politiques sénégalais semblent avoir des difficultés à respecter leur parole. Très prompts à prendre des engagements, ils ont cependant beaucoup moins d’empressement à les respecter. De Abdoulaye Wade, à Idrissa Seck en passant par Moustapha Niasse et Macky Sall , les politiciens du Sénégal se révèlent de véritables adeptes du revirement ou du reniement. Et pourtant, c’est une pratique bannie aussi bien par la religion (musulmane et chrétienne) que par la morale.

Le plus récent « wax waxeet » est aujourd’hui celui d’Idrissa Seck qui a rejoint la mouvance présidentielle avec le poste de Président du Conseil Economique Social et environnemental (CESE)

En revenant sur sa promesse, de réduire son mandat de 7 ans à 5 ans, Macky Sall, s’illustre une seconde fois. Il s’était engagé à former un gouvernement de 25 membres , avait banni la transhumance et jurait qu’il n’allait jamais nommé son frère Aliou Sall par décret. Mais aujourd’hui, la réalité est tout autre.

Son prédécesseur, Me Abdoulaye Wade, l’auteur de la célèbre phrase « maa Waxone waxeet »’ s’était, lui, illustré avec, entre autres, sa promesse de ne pas présenter sa candidature pour un troisième mandat, à la présidentielle de 2012.

Le Président de l’Assemblée Natioanle Moustapha Niasse, n’est pas en reste. Il avait juré, en 2007, que c’était la dernière fois qu’il allait participer à une présidentielle en tant que candidat. “S’il plaît à Dieu, c’est ma dernière participation à un scrutin présidentiel. Ce jour doit être historique dans notre pays”, disait-il. Moustapha Niasse, leader de l’Alliance des Forces de progrès (AFP) s’est pourtant présenté en 2012, pour la troisième fois consécutive. “Ce sont les Sénégalais qui m’ont demandé de me présenter”, se dédouanait-il.

Le constat est général , la transhumance politique est lié à la faiblesse des partis. Constitués souvent sur des bases partisanes et politiciennes, ils n’ont pas un programme solide qui encadre les élus. Ceux-ci lorsqu’ils appartiennent à l’opposition peuvent succomber au bout d’un certain temps aux délices du pouvoir et quitter leur formation pour aller grossir les rangs de la majorité.

Yero Guisse / Blogueur, Activiste / www.yeroguisse.org